• Jean-Paul Billault

Connaissez-vous celui qui cultive la pomme de terre du Gâtinais vendue en circuit court ?

Mis à jour : févr. 16


Olivier Chaloche part d’un grand éclat de rire. « Ah c’est sûr, de la pomme de terre on en a bouffé ! Car avant de trouver les débouchés en circuit court, il a bien fallu écouler la production ! Avec la famille et les amis ! Un circuit très très court !» Aujourd’hui il cultive en bio 2 hectares en pommes de terre, et il évalue sa production commercialisée à 40 tonnes par an. Une production qui a su trouver ses clients, amateurs de la « pomme de terre du Gâtinais », à trente kilomètres à la ronde. Une histoire un peu folle qui a commencé il y a plus de 25 ans.

Olivier était en agriculture conventionnel en 1990. La rencontre avec sa femme, militante pour l’agriculture biologique, et de nombreuses inquiétudes concernant les produits phytosanitaires qu’il employait ont persuadé Olivier Chaloche de changer de modèle. Au début des années 90 c’était un pari un peu fou. Peu d’agriculteurs tentaient l’aventure. Et personne ne savaient vraiment comment s’y prendre. La conversion en agriculture biologique s’est terminée en 1998. Avec son voisin qui cultivait également en bio à Cortrat, Olivier Chaloche a longtemps été considéré comme une exception dans tout le Loiret, et particulièrement dans le Gâtinais. Aujourd’hui l’exploitation produit des céréales et des légumineuses, mais est aussi connue pour produire des pommes de terre réputées dans le Gâtinais.

« Quand on a commencé à cultiver des pommes de terres en 1996 sur 1000 m2, on n’avait aucun débouché. C’est là qu’on a commencé a en manger (rires). Mais ce qui était intéressant c’est que les amis qui en consommaient nous disaient qu’elles étaient bonnes. Peut-être à cause des sols argilo-calcaires et de la production en bio… je ne sais pas vraiment, mais c’est sûr qu’elle a bon goût, » explique Olivier Chaloche. Un jour il rencontre Alain Lemire, un restaurateur qui recherche des produits bio et locaux de qualité pour son restaurant Oh terroir à Montargis. Pour Olivier Chaloche c’est le premier client sérieux permettant de commencer une vente conséquente en circuit court. Dans les années 2000, avec la création d’Amap, d’autres possibilités s’offrent à lui pour écouler sa production, qui de ce fait augmente pour répondre aux nouvelles demandes. « Les circuits courts ça se construit sur le long terme et avec le temps, estime Olivier Chaloche. « Surtout quand rien n’existait avant ! Il faut être patient mais aussi avoir de la volonté. Mais c’est sûr que dans une exploitation il faut aussi des productions qui soient en circuit long pour équilibrer l’ensemble. C’est ce que je fais. Mais le succès de notre pomme de terre locale, vendue aujourd’hui en circuit court sur le territoire est une belle histoire qui prouve qu’on peut réussir ».