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Une histoire qui prouve que "les diamants sont éternels"


Le diamant rend fou, ou puissant – et souvent les deux. On ne s’en convaincra pas mieux qu’en suivant les tribulations du « Grand Sancy », le diamant des parures royales conservé au Louvre, et du « Beau Sancy », son petit-frère, aujourd’hui entre des mains privées (il a été vendu a Genève 7 millions d'Euros).

Le livre de Nadine Gannat Lévy vient d'être édité par les éditions de l'Ecluse: "Les Sancy, l'histoire fabuleuse de deux diamants".


L'auteure démontre après plusieurs années de recherches, que le nom de ces diamants vient de la localité de Sancy proche de Gaubertin (à la limite du Loiret et de la Seine et Marne), donc du Loiret et non pas de Sancy les Meaux, le Puy de Sancy... Nadine Gannat Lévy évoque également le vol des bijoux de la couronne en 1792 : une histoire rocambolesque. Ce livre fait partie de l'histoire de notre département mais ces pierres sont également de formidables concentrés de l’histoire de l’Europe. Un diamant s’échange, se met en gage, finance des guerres, disparait, se dissimule, réapparait, se vole, se rachète... Sur son trajet fleurissent les légendes, les fables, les rumeurs – toute une part d’imaginaire qui n’a pas moins de poids sur les événements que la réalité.


Dédicace : le 19 décembre à la librairie des Écoles à Montargis à partir de 14h30 dédicace.

Achat en ligne : https://www.editions-de-lecluse.com/


À SAVOIR

C'est Gilbert Baumgartner, Président de la Société d’Émulation de Montargis, qui a écrit la préface du livre, "Des diamants entre fiction et réalité" :


"Pourra-t-on bientôt chanter, quand on verra Nadine Gannat, la chanson de Georgette Plana « C'est la femme aux bijoux, Celle qui rend fou, C'est une enjôleuse... » ?

Hélas, ce n’est pas Nadine Gannat, ici, qui rend fou : ce sont bien les bijoux eux-mêmes ! Et folle, Nadine l’est sûrement un peu, de s’être embarquée dans cette aventure impossible : suivre un des diamants les plus célèbres du monde depuis son séjour en Gâtinais jusqu’à sa retraite au Louvre, et pour cela tenter de démêler le vrai du faux dans les innombrables légendes qui enténèbrent toujours les joyaux. Car il ne suffit pas, ici, de remuer des tonnes d’archives, d’interroger des témoins, de collecter les informations aux quatre coins de l’Europe : il faut aussi trier le bon grain de l’ivraie, prendre les rumeurs pour ce qu’elles sont, confronter les témoignages. Le travail de l’historien est forcément pris en défaut : chaque fait semble contredit par le suivant, chaque témoin est suspect de mauvaise foi, chaque rumeur contient son fond de vérité. On ne cherchera donc pas d’absolue certitude dans le travail de Nadine Gannat, et c’est tout le mérite de l’historienne d’intégrer dans l’histoire la part de l’imaginaire.


Le Sancy devient ainsi un formidable concentré de l’histoire de l’Europe, dans laquelle les symboles sont toujours aussi puissants que les faits eux-mêmes. Ce morceau de carbone s’échange, se met en gage, finance des guerres, démontre la puissance de celui qui le possède. Il disparait, se dissimule, réapparait, se vole, se rachète... Pain bénit pour les parapsychologues de tout poil, qui ont remarqué que tous ceux qui le possédaient depuis le XVe siècle sont morts ! « Malédiction » du Sancy ? Ravaillac et Robespierre obéissant aux ondes maléfiques du diamant ? Ces fariboles sont elles-mêmes significatives : quelle belle occasion d’expliquer simplement les phénomènes complexes de l’histoire ! Nadine Gannat travaille ici à déconstruire ces mystifications. Elle montre que c’est bien la nature humaine qui est le moteur de l’histoire : l’épisode révolutionnaire suffirait à prouver que la cupidité est plus à l’œuvre que la « magie ». Mais bien sûr, la magie supposée décuple la cupidité !


Faut-il voir la même cupidité dans la volonté de tant de commune de France à revendiquer le nom donné au diamant ? Nous savons maintenant, grâce à Nadine Gannat, à quel coin du Gâtinais le diamant doit son nom. Nous éviterons d’en tirer trop de fierté – pour ne pas tomber dans le même travers. Mais nous ne doutons pas que le passage du Sancy en Gâtinais aura conféré à notre région sa part d’immortalité. Car nous n’oublions pas que, comme le chantait Shirley Basset, « Diamonds are forever »..."