• Lyes Baloul

Sport santé : "marcher, courir, je l'ai testé pour vous pendant un mois"

Mis à jour : 14 déc. 2020


Bouger en optant pour une activité physique de son choix peut-il changer le cours d’une vie ? La réponse se trouve sur le terrain.

Tout Près Tout Proche s’est prêté au jeu en le testant pour vous. L’expérimentation a débuté le samedi 31 octobre, soit à l’aube du nouveau confinement. Un mois plus tard, l’opération « marcher et courir » a-t-elle donné ses premiers résultats ?

Reportage réalisé par Lyes Baloul

31 octobre. Il est 9 heures du matin. Le soleil montre déjà sa générosité. La température semble abordable (9° C). Baskets, bermuda, sweat, je décide de me tester. Ou plutôt d’interroger mon corps et sa capacité de réagir à une activité physique. L’idée traînait depuis quelques jours dans un coin de ma tête. Il fallait un déclic pour s’y mettre. Crever l’abcès. Et obtenir des réponses à certaines questions. J’entame ma marche. La première de ce défi. C’est parti.


Direction le Canal de Briare…


Attestation de déplacement en poche (une heure maximum), je traverse la place de la République, à Montargis, où le marché de ce samedi matin accueille ses premiers clients. Je me dirige vers le Port Saint-Roch. Je croise les plus courageux, les sportifs matinaux. L’effort physique se lit sur leurs visages. En couple ou en solo, ils terminent leur parcours respectif. D’autres, comme moi, en sont à leurs premiers pas. Je déclenche mon compteur de pas et de calories installé sur mon téléphone (application). Plus le temps passe, plus le plaisir s’intensifie. Une belle promenade. Que ce fut agréable !


5 kilomètres au premier essai…

Avec moi pendant un mois, une application pour mesurer mes « performances »…

Je marche et… plonge dans mes pensées. Petit, je ne jurais que par le football. Mes parents s’y opposaient. Eux, ils ne juraient que par… mes études. Le temps passant, le sport occupait une place « mineure » dans mon corps. Par manque de temps. Le sport, c’était à la télévision… Ou sur le terrain. Pas comme athlète. Mais plutôt pour couvrir des évènements sportifs en ma qualité de journaliste. Cela me « démangeait ». Je faisais bouger mes doigts pour écrire… Mes jambes, elles, manquaient de rythme. Presque à l’abandon. Illustration : 2005 (Je pesais 50 kg), 2010 (…98 kg), 2015 (…88 kg), 2020 (…80 kg). Bref, ce 31 octobre 2020 m’a ressuscité. Au bout de 2 kilomètres, une voix m’interpelle. Une connaissance. Je m’arrête. « Depuis quand as-tu décidé de te mettre au sport ? », me demande-t-il. « Depuis… ce matin ! », souris-je. Quant à lui, c’est tout une autre histoire. « Depuis 5 ans… », m’informe-t-il. Et d’expliquer : « J’ai eu un cancer. Je m’en suis sorti. Puis, j’ai décidé de prendre soin de mon corps. Penser à moi. Je n’ai jamais autant aimé la vie. Le sport m’a transformé, m’a donné des ailes… », raconte cet homme de 55 ans. Je poursuis ma marche. Sur le rayon du 1 km imposé par l’autorisation de déplacement (Covid-19). Je fais plusieurs tours autour du Port Saint-Roch. Mon corps réclame une pause. Le temps de jeter un coup d’œil sur mon application de compteur de pas. Verdict : 5 km, 300 calories brûlées. Le tout en 45 minutes. Fin de la première séance.


L’appétit vient en mangeant…

Dimanche 1er novembre. J’entame ma deuxième marche. Le même mode opératoire. Cap sur le Port Saint-Roch. Mon parcours démarre sur un rythme soutenu. Je voulais faire mieux que lors de mon premier essai. « Brûler les calories, oui, mais pas les étapes… Il faut prendre du temps pour bien faire les choses, au risque de te blesser… », me conseille Daniel, grand amateur de la course à pied. Lui, il totalise une trentaine d’années dans le sport. « Suite à mon divorce, j’ai décidé de prendre les choses en mains. Je ne voulais pas me laisser écraser par la vie. Le résultat est là », me taquine-t-il. « J’ai perdu 20 kg en cinq ans », dit-il. Grâce au sport. Bien entendu ! Je reprends ma marche. Je replonge dans mes pensées. La volonté dominait mon esprit. Pas d’objectif précis. Pas d’esprit de compétition. Juste le plaisir de savourer…Savourer le plaisir de retrouver l’appétit. Celui de… reprendre le sport.


Le rythme s’accélère au fil des jours…


J’ai lancé un défi. Celui de répondre et…comprendre le mécanisme de mon corps. La cadence s’accélère au bout d’une semaine de marche : 8 km en une heure. Mon corps s’assouplit légèrement. Il répond davantage à l’exigence, à l’effort. Je décide de passer un cap. Je m’essaie à la course à pied. 3 km au premier test. 5 km au 5e essai. « En évitant de courir tous les jours… », me précise Sébastien. Celui-ci, natif de Montargis, pratique les arts martiaux en région parisienne. Une connaissance fortuite lors d’une pause au niveau de la passerelle Eiffel, à Montargis. « Le sport, c’est aussi le plaisir d’échanger, faire des rencontres… », me rappelle le jeune homme de 24 ans.

Les premiers résultats arrivent…


Au bout de deux semaines d’activité physique, alternant marche et course à pied, le changement ne peut être qu’évident. Premier élément : je me sens parfaitement mieux dans ma peau. Moins de stress, un esprit sain. Au petit matin, mon réveil est plus que jamais dynamique. Le sport y est-il pour quelque chose ? Bien évidemment ! En quinze jours de marche et de footing, j’ai réussi à me débarrasser de quelques kilos. Précisément quatre en deux semaines.


« La graisse se transforme en muscles… », me précise une pharmacienne. Mes marches et courses à pied se terminent généralement par des exercices physiques : pompes, étirements…Et parfois en me dirigeant vers les installations sportives du lac de Montargis (en plein air), mises en place l’été dernier par la municipalité. Des équipements mis à disposition dans le cadre de l’opération « Sportez-vous bien ! », permettant à la population locale de pratiquer une activité physique régulière et adaptée.


6 kg en moins au bout d’un mois…


29 novembre. Un second bilan est établi. L’heure de la pesée est arrivée. Résultat : -6 kg. Malgré une nutrition parfois peu adaptée, l’activité physique a incroyablement servi de garde-fou réparateur. « Je mange, peut-être, un peu excessivement, mais j’élimine grâce au sport… », ironise Marc, un joggeur de longue date. « Oui, ça m’arrive de fumer. Je prends l’apéro (avec modération)… Mais je connais la méthode pour rectifier le tir… Le sport », balance-t-il.


Le sport, la bonne… drogue !

Plus d’un mois après avoir repris la pratique d’une activité physique, la vie n’est plus la même. La métamorphose. Mon corps me sollicite en permanence. Le sport devient indispensable pour mon équilibre. « Quand je ne fais pas mon footing, je m’en veux. J’ai des remords… », appuie Marie-Claire, une quinquagénaire. « Je souffrais de tension et de diabète. Depuis que je marche, je me sens nettement mieux. C’est impressionnant… », se satisfait-elle. Quant à moi, il est 10 heures. J’arrête de rédiger ces quelques lignes. Pour reprendre… ma marche !