Rencontre - Chevauchée à vive allure avec Jean Ragnotti...


Le pilote de 75 ans habite dans le Gâtinais depuis 1975

Jean Ragnotti, la légende française de l’automobile, a mis fin à sa carrière en 1995. Mais le pilote de 75 ans a choisi de jurer fidélité à « Renault », en poursuivant d’assurer des spectacles pour la marque automobile française. « Cela fait trois ans que j’ai des problèmes de santé. J’ai réduit mes activités avec Renault… ». Originaire du Vaucluse, Jean Ragnotti a fini par poser ses valises dans le Loiret. À Châlette, l’espace de huit ans (1975-1983). Avant d’atterrir à Aillant-sur-Milleron. Au fin fond du Gâtinais. Rencontre.

« C’est Rémy Julienne qui nous a emmené à Châlette, en 1975…», raconte Jean Ragnotti. Les deux hommes s’étaient rencontrés, un an plutôt. « On se croisait sur des tournages de cascades… ». Les deux férus de l’automobile se croiseront, une ultime fois, fin 2019. « Je l’ai revu au circuit des Remparts, à Angoulême. J’ai vu, quand même, qu’il était fatigué. Rémy, tu pouvais lui mettre deux cancers, ça ne le gênait pas. Il avait un moral d’enfer. Impressionnant ! On ne se voyait pas sans arrêt, mais on était devenu amis… Je suis très triste de sa disparition »… Jean Ragnotti a rendu, le 29 janvier dernier, un dernier hommage à Rémy Julienne, à Cepoy lors des obsèques.

Le coup de volant de Jean Ragnotti avait séduit le monde du cinéma, lui qui fut cascadeur pour de nombreux tournages en Italie, en France ou encore en Espagne dans les années 70-80, en assurant, par exemple, la doublure d’Alain Delon et de Jean-Paul Belmondo… Il a également été vu dans un rôle dans « Taxi » de Luc Besson (1990).

La passion pour le volant, une vocation précoce…

Les signaux ne trompèrent guère. « Je conduisais sur les genoux de mon père quand j’avais 5, 6 ans. Je passais les vitesses. Freiner, c’était trop loin…Mais pour le reste, j’y arrivais », glisse Jean Ragnotti. Le jeune homme s’adapte, tôt, au goût de l’effort. « J’ai travaillé de 14 à 18 ans dans la ferme familiale… », dit-il. Le permis de conduire en poche, il s’offre sa première voiture. « Une Renault 4CV…J’ai dû la payer, l’équivalent de 500 euros », précise-t-il. À 18 ans, il change de métier. Il devient chauffeur routier. « Là, j’ai économisé pendant 3, 4 ans pour acheter ma première voiture de course… ». Une Renault 8 Gordini. La route est désormais tracée…

Premiers pas, premières victoires…

Jean Ragnotti, à bord de sa R8 Gordini bleue, démarre sa carrière sur les chapeaux de roues. « Les copains m’ont convaincu pour que je m’engage dans des rallyes. J’ai eu rapidement de très bons résultats; des victoires de groupe, des bonnes places aux classements… ». En 1967, alors qu’il n’a que 21 ans, Jean Ragnotti écume les courses dans le Sud-Est de la France. Au rallye d’Istres, face à une concurrence acharnée, Jean termine 3ème du classement général… « Mais surtout 1er dans ma catégorie », précise-t-i. Le sourire au visage. Les succès s’enchaînent… Une progression fulgurante.

Ragnotti – Renault, une fidélité certaine…

La carrière de Jean Ragnotti va bientôt se métamorphoser lorsque « Renault Compétition » lui propose de prendre le départ du Rallye de Monte-Carlo au volant de la toute nouvelle Renault 12 Gordini. « C’était mon premier contrat avec Renault ». Et d’enchaîner : « Je cours en Formule 3 (1973) et Sport Proto (1974), puis j’intègre la Formule Renault Europe en 1975 pour terminer 2ème du championnat », raconte-t-il. Ragnotti roule également à bord d’Alpine, respectivement au Tour de la Réunion et au Tour de Corse en catégorie Groupe 4… « Mes parents, agriculteurs, n’avaient pas les moyens pour m’aider à devenir pilote professionnel… ». La marque française ouvre la voie au jeune homme. « Renault me faisait faire des trucs de temps en temps ; des mises au point, des courses… ». Puis, la trajectoire aura été longue… « Je suis resté chez Renault de 1973 à 2019 ». Près d’un demi-siècle de lien.



« J’ai toujours eu une mentalité proche des amateurs…»

Jean Ragnotti n’oublie pas d’où il vient. « Je suis devenu pilote professionnel (1971), mais j’ai toujours eu une mentalité proche des amateurs », esquisse-t-il. « Lorsque je faisais des acrobaties pour Renault, j’ai toujours fait en sorte pour que les mouvements amusent le public… J’aimais la proximité, le contact avec tout le monde… Je n’ai jamais coupé avec mon monde d’avant… », raconte celui que l’on surnommait « l’acrobate ». « Quand j’allais dans des rallyes, je voyais beaucoup de pilotes amateurs. On prenait des photos ensemble. Je répondais à leurs questions… Ils étaient heureux de me voir. Moi, aussi. Une vraie amitié ».

« J'ai eu très peu d’accidents… »

Le pilote de 75 ans en est certain. « Je n’ai pas eu trop d’accidents. Il y en a eu un ou deux… Mais deux minutes après j’oublie, alors que la voiture est abîmée et le coup aurait pu me coûter la vie… ». Il reprend ses courses « comme si de rien n’était… ». Lors d’une course en Angleterre, il évita le pire… « J’ai été percuté par un objet… J’ai traversé la piste au milieu du peloton. La course a été arrêtée parce que j’ai été touché par la moitié des voitures…Je suis sorti de la voiture sans aucune blessure… La voiture ? Il n’y avait plus rien. Là, j’aurais vraiment pu me faire très mal… ». Ragnotti le répétait autrefois à son entourage. « Comme je n’arrivais pas à me blesser en faisant du sport automobile, j’ai essayé les cascades et ça n’a pas marché, non plus… », ironise-t-il.

Trois titres mondiaux…

Ragnotti totalise de nombreux succès : trois victoires en mondial, dont un Monte Carlo (1981) et deux Tour de Corse (1982 et 1985). À cela s’ajoutent neuf titres de champion de France dont deux en rallyes…Il enregistre également d’excellentes places, que ce soit au Rallye de Côte d’Ivoire, de l’Acropole en Grèce, ou encore sur les routes du Rallye de San Remo. Et deux participations au Rallye Dakar. « Sans GPS, tout se faisait à la boussole… Il y avait des pilotes qui se perdaient et que l’on ne retrouvait que trois jours après », précise celui qui fut 4ème au 24 heures du Mans, en 1978. Bref, la vie sportive de Jean Ragnotti aura été riche en émotions. « La suite ? Je profite de mes proches, de la vie… ». Et c’est mérité… « Jeannot ».

 

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