Portrait - Les Huard, une marque 100% "made in Gâtinais" du sport local


Dans la famille Huard, il y avait, tout d'abord, Jean, le père. Un ancien gardien de but local de football, passé par Montargis, Amilly et Pithiviers. Gaëtan, le fils, lui emboîta, ensuite, le pas. Le môme marcha sur les traces de son "idole". Mieux, il embrassa une carrière professionnelle. Du RC Lens à l'OM en passant par Bordeaux, où il vit aujourd'hui, l'ancien consultant chez Canal+ et BeIN Sport marqua les esprits. Delphine, elle, sa soeur, choisit le handball. La jeune fille, pure récolte gâtinaise, se distingua durant plusieurs années. À l'USM Montargis. À l'AS Bondy... Au Fleury Loiret Handball. Sans l'ombre d'un doute : cette marque de fabrique " Huard " est un produit 100% local. À vanter… sans modération.


Il détient toujours le record de matches sans prendre le moindre but en Ligue 1. 1176 minutes. Ce fut lors de la saison 1992-1993. Sous les couleurs des Girondins de Bordeaux. " Je n'y pense pas tous les matins...", sourit Gaëtan Huard. Delphine, sa frangine, commente : « J'ai pu assister à quelques beaux matches à Lens, Bordeaux, Marseille. C'était à la fois un plaisir et un peu de stress. Car une erreur d'un gardien de but a une grosse influence. Et, ensuite, les gens ne retiennent que les boulettes...". Une parfaite complicité entre le grand frère et sa petite soeur.

" Je regarde encore aujourd'hui les albums de famille…"

Gaëtan Huard n'oublie pas d'où il vient. " J'ai grandi à Villemandeur...", dit-il. Avec un air nostalgique. " Je reviens dans le coin quand le temps me le permet ". Son enfance, il s'en rappelle..." Comment oublier les anecdotes au lycée Durzy ? Comment oublier mes copains d'enfance ? Impossible ! ", appuie l'homme de 59 ans. Le temps passe vite. " Très vite. Mais ça m'arrive, encore aujourd'hui, de regarder les albums de famille ", glisse l'enfant des J3 Amilly. " C'est mon père qui m'a emmené dans ce club. Il travaillait à côté du stade...". Le début d'une longue histoire. De Pithiviers, où évoluait son père, au RC Lens. Le Nord de la France ne le refroidit guère. Le jeune gardien de but séduit l'Olympique de Marseille. Où il fut deux fois champion de France (1989, 1990). Et vainqueur de la Coupe de France aux dépens de l'AS Monaco, le 10 juin 1989. Et ce, dans un Parc des Princes plein à craquer.

" J'ai copié mon père, c'est mon idole…"

Jean Huard, gardien, et son fils Gaëtan à l’USM Montargis. Derrière lui, un certain Jean-Pierre Adams !


Jean Huard, « mon père, mon idole… », répète Gaëtan. " C'est lui qui m'a formé. Il m'a donné les bases, les fondamentaux d'un gardien de but. Je le regardais jouer. J'admirais. Je le copiais…" "Jean (Huard), c'était la référence locale à ce poste. C'était très fort. Il était dur à battre...", appuie Jean-François Laurent. " Mon tout premier éducateur à Amilly ", réagit Gaëtan Huard. " Papa l'a beaucoup conseillé avant d'aller à Lens, même s'il estimait qu'il y avait des entraîneurs plus compétents que lui. Gaëtan a sûrement beaucoup appris en regardant papa depuis le plus jeune âge derrière les cages, le dimanche...", raconte Delphine Huard. Et de renchérir. " Papa aimait aller à Bordeaux, l'été. Il notait les entraînements des pros. Puis, il s'en inspirait pour faire ses séances avec les jeunes...".

" La grand-mère suivait de près nos matches…"

Une fidèle supportrice. " Ma grand-mère, c'était incroyable ! Elle était au courant de tous nos résultats...", raconte Delphine. " J'ai eu des coupures de presse, grâce à elle...", note Gaëtan. Ses petits-enfants furent sa fierté. " Elle avait son petit poste (radio). Elle écoutait les infos sports… Elle regardait les articles de journaux pour connaître nos résultats...", ajoute Delphine. Les retrouvailles se passaient dans une ambiance chaleureuse. "On parlait sport. Mais pas que...", affirment Gaëtan et Delphine. " Gaëtan, je le voyais d'abord comme un frère. Pas comme un joueur pro. Je crois que c'était bien pour lui de ne pas toujours parler foot, à la maison ". Jean, lui, fut le père et… son " coach providentiel...". " Il ne ratait pas un match de Gaëtan. Sur les terrains ou à la télé...", se souvient Delphine. " Papa, quand on se retrouvait, il ne me critiquait jamais. On tombait d'accord sur tout...", cède l'ancien portier de Ligue 1. " Papa venait me voir au hand. Maman, aussi. Elle était discrète mais c’était le pilier de la famille. Elle a aujourd'hui 81 ans. Une sacrée intelligence à comprendre l'importance du foot pour papa et du sport pour ses enfants et de nous laisser nous y épanouir...", confie Delphine.

"Delphine ? Une passionnée de handball..."

Delphine Huard. " Quelle joueuse ! ", estime Daniel Rigoulet-Goussu, l'ancien président de l'USM Montargis handball. Vue à la danse classique, à la gymnastique (Fémina), à la natation ou encore à l'athlétisme, la jeune fille semble trouver chaussure à son pied. " Le hand, j'en ai fait au collège avec les UNSS. Puis, j'ai décidé d'aller au club de Montargis...". La passion prit vite le dessus. Son talent l'expédie au pôle sports études de Chartres. Delphine Huard progresse. Elle intègre l'équipe fanion de l'USMM. " En N2, avant une relégation en régional...". La plus jeune des Huard débarque à l'AS Bondy. "En N1. L'espace de 3 ans. C'était une belle expérience...", souligne celle qui préféra retrouver ses repères montargois.


Delphine Huard à l’USM Montargis


Résultat : " On a réussi la montée en N1. J'y suis restée une dizaine d'années. Toute une jeunesse. Cela m'a forgée...". Vérification auprès de Gaëtan, son frère. " Delphine ? Une sacrée passionnée de handball ". " Je n'ai pas souvenir qu'il m'ait vue jouer à Montargis. Il était venu un peu sur Paris et ensuite sur un match à Bordeaux. Les calendriers n'étaient pas compatibles...", concède Delphine, mère d'un garçon évoluant au poste de… gardien de but de handball au centre de formation du PSG. " Il a commencé au foot...", éclaire Gaëtan Huard.

Au Fleury Loiret Handball en D2…

Raison professionnelle oblige, Delphine décida de quitter Montargis pour Orléans. " C'était au début du projet d'un club féminin de handball, à Fleury...", précise-t-elle. La jeune femme intègre la formation fleuryssoise. " En N2 puis en N1...". Viendra, peu après, la montée en D2. Celle qui évolua au poste d'arrière et centre en est certaine : " Sportivement ? Que du bonheur ! J’ai joué plusieurs saisons à Fleury. De belles rencontres, de formidables aventures. Des combats pour se maintenir ou pour décrocher des titres. De belles histoires, aussi. Ce sont d'ailleurs les mêmes belles choses que j'ai vécu à Montargis et Bondy. J'aimais jouer...", livre la jeune femme de 53 ans.

" Chasseuse " de potentielles performances à la ligue du Centre…

" Ma retraite sportive ? Je l'ai prise à 30 ans ", indique Delphine Huard. Mais la passion pour le handball l'a vite attrapée. " J'encadrais les catégories jeunes quand je jouais à Montargis...". Son état d'esprit de " vouloir transmettre " sonne encore plus fort. " J'ai passé des diplômes fédéraux...", explique celle qui fut éducatrice sportive à la ville de Fleury. " Pour essentiellement intervenir au centre de formation du club...". Mais c'est à la ligue du Centre que la Montargoise mène la danse depuis dix ans. Son rôle : détecter les meilleures potentielles de handball féminin dans la région. Une mission de " chasseuse " de futures talents. " On repère, oriente, accompagne puis prépare la handballeuse à aller dans les équipes de France...". Comme ce fut le cas pour Pauletta Foppa, vue à l'USM Montargis et Fleury. Avant de briller de mille feux chez les Bleues, récentes championnes olympiques à Tokyo (JO 2021).

Gaëtan Huard sur le banc des… Girondines de Bordeaux (D1)

L'ancien gardien de but professionnel ne chôme pas. En effet, Gaëtan Huard est, depuis quelques mois, nommé au poste d'entraîneur des gardiennes de but des Girondines de Bordeaux, en D1. Il travaille désormais dans un staff conduit par Patrice Lair, l'ancien coach de Guingamp et des féminines du PSG ainsi que de l'OL. Gaëtan Huard (204 matches avec Bordeaux de 1991 à 1996) fait également office d'entraîneur des gardiens de Libourne, en National 3. Bref, une histoire de passion. « Made in Gâtinais ».


 

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