Portrait - Jean-Claude Poisson, une cinquantaine d'années au service du sport montargois


« Tu as été un exemple, pour moi, dans l’engagement sportif, le bénévolat… ». C’est la déclaration de Dominique Delandre, le soir du 18 juin, au lac des Closiers lors de la fête des bénévoles des clubs sportifs organisée par la ville de Montargis. L’élu à la Jeunesse et aux sports s’adressait à Jean-Claude Poisson, l’ancien président de l’USM Montargis omnisports et de la section rugby. L’homme de 74 ans totalise une cinquantaine d’années au service du sport local. « Il y a de la relève, j’en suis persuadé », sourit-il. Le regard plein d’émotion. Portrait.


1963. Cette année-là, Jean-Claude s’en souvient. « C’est marquant pour moi. Parce que la suite a changé ma vie. J’étais en cours de Technologie à Durzy. Claude Mannevy (ancien élève) me demande d’accompagner ses coéquipiers à Bruxelles… ». La raison ? « Ils allaient jouer un match là-bas et ils avaient besoin d’un ailier. Moi qui n’avais jamais joué au rugby de ma vie. Pour moi, ça allait être une galère », raconte Jean-Claude Poisson. Le jeune môme de 15 ans découvre le ballon ovale. « Je suis allé à un entraînement. J’ai apprécié et je n’ai jamais quitté le rugby…». Il intègre l’USM Montargis. « Pas pour jouer avec n’importe qui… ». Il côtoya, chez les jeunes, Pierre Janssens, auteur d’une belle carrière au Racing Club de France et international B en équipe de France… Ainsi qu’Alain Blain, passé par le Sporting Club mazamétain. À eux s’ajoutent les frères Mokienko (Nicolas, Paul, Pierre), Antoine Janssens (le père de Pierre), Nosal, Bouloc et tant d’autres.

Le rugby, une passion interminable…

Jean-Claude Poisson est un homme nostalgique. « Je me rappelle de mes premières années au rugby. On ne peut oublier toute cette jeunesse. J’ai découvert les fondamentaux de ce sport grâce à René Javouhey (entraîneur). Quelle époque ! ». Les années passent… « Elles défilent », appuie-t-il. Parti à l’armée, à l’est de la France, le jeune homme s’empresse de retrouver le club de son cœur. « Quand on aime les couleurs de l’USMM, c’est pour la vie », dit-il. Jean-Claude Poisson aura tout vu au club montargois. Jeune joueur, il atterrit en seniors… Au bout de quelques années, il se charge d’entraîner les juniors. « Une belle aventure. Il faut dire que je n’avais aucun mérite. J’entraînais des juniors avec une équipe composée de mecs dU Chesnoy, qui étaient extraordinaires. Extrêmement forts ! Diriger des gars comme ça, ce n’est pas compliqué. On a été loin. J’ai revu, récemment, une photo d’eux. Ils se côtoient toujours. Une bande de copains, une belle génération, un groupe sensationnel à tout niveau… ». Jean-Claude Poisson deviendra plus tard président de la section rugby. « Que de bons souvenirs, de belles rencontres ! ».

Onze ans à la tête de l’USM Montargis omnisports…

Le soir du 5 avril 2012, c’est toute une salle des réunions de la mairie de Montargis qui se lève pour rendre hommage à un homme : Jean-Claude Poisson. Parce que le président de l’USMM omnisports a annoncé, au cours d’une assemblée générale, sa décision de passer la main. Et ce, au sortir de onze ans de bons et loyaux services à la tête de cette structure. D’aucuns le pensent : sous l’ère Jean-Claude Poisson, le club omnisports de l’USM Montargis aura réussi à franchir plusieurs étapes ; l’arrivée de plusieurs sections, à l’image du volley-ball, la voile, le sport boules, la renaissance de la pétanque. L’USM Montargis omnisports version Poisson, sous l’égide et avec le concours de la fédération française d’athlétisme, a, notamment, acté son premier contrat professionnel de son histoire en enrôlant Salim Sdiri, le sauteur en longueur, quatorze fois champion de France (voir photo ci-dessous).



L’USM Montargis a enregistré, à juste titre, des progrès significatifs, essentiellement dans le secrétariat, la comptabilité… Et en rejoignant la fédération française des clubs omnisports, instance qui lui a apporté soutien juridique et logistique. « On a connu un élan vers le professionnalisme. Une façon plus moderne dans la gestion du club. Jean-Claude (ndlr ; Poisson) a apporté son dynamisme, son énergie, son aura. Une grosse connaissance des ressources humaines et un côté proximité humaine…», explique Jean-François Dépée, membre du bureau à l’USM Montargis omnisports.

Un rôle social au sein des clubs…

Président de l’USM Montargis omnisports, ce père de deux enfants se voit confier par l’agglomération montargoise une mission parallèle dans le cadre de l’opération « tranquillité publique » en s’occupant des enfants en difficultés comportementales dans les établissements scolaires. « Sur recommandations des proviseurs, je recevais ces jeunes-là et je les emmenais au rugby. Je discutais beaucoup avec eux. Cela m’a apporté énormément sur le plan humain. J’ai eu des gamins formidables… ». Et de renchérir. « J’ai tenté de les ramener à la vraie vie et à la raison. Et que ce n’était sûrement pas dans la délinquance qu’ils pouvaient réussir leur vie. Quand je discutais avec ces jeunes, je comprenais pourquoi ils avaient pris la mauvaise direction. Des parcours douloureux. Quelques fois dans la rue, ces jeunes viennent me dire bonjour. Ils me reconnaissent encore aujourd’hui. Et c’est là toute la reconnaissance du bénévolat… ».

Une vie de famille, le travail, le bénévolat…

Auteur d’une riche carrière professionnelle, en sa qualité d’agent commercial, Jean-Claude Poisson se devait de composer avec sa vie de famille et sa passion pour le sport montargois. « J’ai eu la chance d’avoir une femme qui m’a toujours soutenu. Le bénévolat, c’est toute ma vie. Pourquoi ? Parce que j’ai rencontré des gens formidables, généreux. Des gens enthousiastes, passionnés. La passion peut être générée par l’envie d’aider ses enfants ou de leur apporter une éducation à travers le sport. Mais faut-il encore avoir le courage. De la motivation. Et de la sagesse. Parce qu’enthousiasme et sagesse ne vont pas tout le temps ensemble. Il faut beaucoup de respect. Le respect de l’adversaire, de l’arbitre, le respect des règles. Quand j’entends sur un terrain un parent qui dit à son gamin : défonce-le ! Tu te dis, le mec n’a rien compris… Donc, enthousiasme, oui… Mais avec de la sagesse », conclut Jean-Claude Poisson, 74 ans. Et frais comme un gardon.

 

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