Loire - Jean-Pierre Simon, écrivain et essayiste se fait "l'avocat de la Loire"


Enseignant à la retraite, habitant Saint-Cyr-en-Val, Jean-Pierre Simon est un amoureux de la Loire. Depuis sa source jusqu’à son estuaire il a arpenté à de nombreuses reprises ses rives et il appris à bien connaître ce fleuve sauvage qui a parfois mauvaise réputation…

Sans prétention, elle a mauvaise réputation…

Sables mouvants, tourbillons, trous d’eau… Noyades en série, naufrages de mariniers… Crues terribles qui effacent tout sur leur passage… Plantes invasives allergènes, poissons féroces à la gueule immense… Cyclistes de la Loire à Vélo renversés, kayakistes pendus par les pieds dans les racines des aulnes… Menace des centrales électriques nucléaires qui cacheraient toute sortes de maux…

Quelque soit l’époque, les hommes semblent avoir quelque chose à reprocher à la Loire. À 72 ans Jean-Pierre Simon vient de publier aux éditions Corsaire un livre intitulé « Vivre la Loire ». Ce n’est pas le premier livre qu’il écrit sur cette thématique et il a déjà raconté ces « coups de coeur » avec la Loire, le plus long et plus beau fleuve de France, chargé d’histoire, de patrimoine et de culture. Mais cette fois-ci il s’interroge : « La Loire serait-elle un monstre inspirant la défiance, une ogresse avide de dévorer son peuple, une vouivre malfaisante ? ».


Selon l’auteur, à force d’entendre la défiance des hommes, il y a de quoi s’interroger. Mais moins à propos des caprices supposés de la Loire que de l’attitude des hommes qui se sont détournés de cet espace naturel pendant plus d’un siècle.


Pour Jean-Pierre Simon, « la Loire exige simplement qu’on apprenne à la connaître, à la lire, à savoir évaluer ses dangers. Apprendre à vivre la Loire en sécurité. On a tout simplement oublié certaines connaissances que nos anciens avaient de ce milieu particulier. Ils connaissaient les bancs de sable, ils savaient qu’il pouvaient s’effondrer sous leurs pieds. Au 20ème siècle on a peu à peu oublié ces savoirs de base, et il y a eu des accidents mortels à cause tout simplement de l’imprudence des hommes ».


Dans son ouvrage Jean-Pierre Simon éclaire notre lanterne. Entre croyances, superstitions, rumeurs infondées, inexactitudes parfois volontaires - pour le cas où la peur éviterait le danger - nous apprenons quels risques la cohabitation avec le fleuve nous fait courir, quelles joies il nous fait réaliser quand nous avons vaincu les dangers. le cas où la peur éviterait le danger - nous apprenons dans ces pages quels risques la cohabitation avec le fleuve nous fait courir, quelles joies il nous fait réaliser quand nous avons vaincu les dangers. Jean-Pierre Simon est d’un naturel optimiste. Il note que depuis les années 1990 les hommes commencent à regarder le fleuve avec d’autres yeux que le doute et la méfiance. « On recommence à s’apprivoiser », commente-t-il. « Par exemple les nouveaux mariniers ont permis de réinvestir cette culture de la Loire. Mais il y a aussi tous les sports d’eau qui se développent et qui permettent aux plus jeunes d’appréhender ce milieu, mais en toute sécurité. Parfois, sur les rives, on voit encore des panneaux qui signalent des dangers qui n’existent pas vraiment… Mais ce n’est pas grave : ils sont juste là pour signaler qu’il nous faut rester prudent… »