Handball - Adriano Marlin (Montargis) : "Je n'arrive pas avec mes gros sabots..."


La direction de l’USM Montargis vient d’officialiser l’arrivée d’Adriano Marlin. Il succède à Niakalin Sissoko aux commandes de l’équipe évoluant en Nationale 3 féminine. L’homme de 37 ans se dit prêt à relever le défi. L’ancien joueur professionnel, vu en équipe de France espoirs, est d’ores et déjà entré dans le vif du sujet.


Il fut, l’espace de deux saisons, l’entraîneur-adjoint du HBC Gien (N1). C’est désormais une nouvelle page qui s’ouvre pour le natif de Saint-Gilles, à La Réunion. Adriano Marlin ne le cache pas. « J’ai vécu des moments formidables dans ma carrière de joueur professionnel et lors de mon expérience à Gien… ». Des souvenirs, le nouveau technicien montargois en a plein la tête. « Mon premier match en pro ? Montpellier – Istres (D1)… », raconte-t-il. Le môme n’avait, alors, même pas 20 ans. S’ensuivront des voyages… En Métropole, où il évolua successivement à Cesson (2005-2008, D2), Angers (2008-2010, N1-D2), Semur-en-Auxois (2010-2012, D2), Pontault-Combault (2012-2015, D2), Vernouillet (2015-2017, N1). Ou encore à La Réunion. Où il côtoya les Daniel Narcisse, Jackson Richardson et autres anciens internationaux tricolores. « Je faisais partie des tournois qu’ils organisaient, à La Réunion… Inoubliable !». Des pages qui se referment… Une nouvelle qui s’ouvre. À Montargis.


L'interview


Vous êtes nommé à la barre technique de Montargis. À quand remontent les contacts avec la direction ?

C’est Niakalin (ndlr : Sissoko) qui a fait le lien. On se trouvait, ensemble, en formation d’entraîneur (Titre 4) à Tours. On a sympathisé et échangé sur différents sujets. Lorsqu’elle a décidé d’arrêter, elle m’a appelé pour savoir si j’étais intéressé de venir à Montargis. Jusque-là, tout était au premier stade. Ensuite, elle m’a mis en contact avec les dirigeants, à leur tête Francis Perrier (ndlr : le président). Les discussions se sont effectuées de manière simple, naturelle. On a vite trouvé un accord.


Quels sont les principaux axes de votre nouveau challenge sur le banc de l’USM Montargis ?

On part sur un contrat de trois ans. Je travaillerai en osmose avec tout le monde. Au début, c’est à moi de m’adapter. Je n’arriverai pas avec mes gros sabots, en imposant des méthodes. Je suis quelqu’un qui prône le partage, la concertation. Ce n’est pas parce que je dispose d’un CV que je pourrai forcément avoir raison sur tout, même si je dois chapeauter et apporter une touche de nouveauté. J’ai des convictions. Mon fonctionnement est modulable. J’apprends tout le temps.


La direction de l’USMM a-t-elle fixé un objectif précis pendant la durée de votre contrat ?

Le projet de l’équipe première sera d’atteindre la Nationale 2, sur les 2, 3 ans à venir. Les entretiens avec les joueuses débutent à peine. J’ai pu échanger avec certaines filles. Je risque de perdre quelques joueuses. Elles ne partent pas parce que c’est leur volonté de quitter le club, mais plutôt pour poursuivre leurs études. On est obligé de s’adapter. Le club souhaite que je garde un œil sur les autres catégories. Le but est d’apporter ma pierre à l’édifice en toute complicité avec les entraîneurs en place.

Avez-vous une idée précise sur la qualité de l’effectif de l’équipe première (N3) ?

Niakalin (Sissoko, l’ancienne coach) m’accompagne pendant cette période de transition. Je connais le potentiel du groupe. Si l’équipe reste la même, la montée pourrai se faire dès l’année prochaine. J’ai été agréablement surpris du niveau des joueuses, en regardant des vidéos. Il y a quelque chose dans cette équipe. Puis, j’ai eu à découvrir une grande motivation chez les joueuses. Elles m’ont posé des questions sur mon fonctionnement. J’apprécie. On a un groupe de discussions sur un réseau social. Le bon état d’esprit, l’humain, c’est primordial pour moi. Je constate énormément d’attachement dans ce club. Je suis content d’être là.


Vous avez été joueur professionnel. Embrasser une carrière d’entraîneur dans le monde amateur est-il facilement acceptable pour vous ?

Il faut commencer quelque part… Montargis est une chance pour moi. La direction a placé sa confiance en moi. Je suis redevable à ce club et au club de Gien, que j’ai quitté pour des raisons personnelles (ex-entraîneur-adjoint). Le projet m’excite. J’ai rapidement compris que le club était à la recherche de la performance. Chaque passage, dans n’importe quel club, aura été une richesse humaine, professionnelle pour moi. Je suis centré autour du handball. Oui, je garde ce côté de handballeur professionnel que je mettrai en faveur de mon équipe. Je suis cabale de faire des fautes. Mais je les corrige, la fois suivante. Je ne suis pas quelqu’un de borné. J’aime travailler la main dans la main.


La crise sanitaire battant son plein, dans quelles conditions allez-vous entamer votre mission, à Montargis ?

Je fais partie des gens qui n’aiment pas subir cette situation liée au Covid-19. Il faut se gratter la tête pour trouver des solutions. Les séances en visio existent, les exercices en extérieur, aussi. J’ai un plan d’action : une préparation avec Covid, une préparation sans Covid. Il faut être prévoyant. Le but est, également, de garder les liens. J’ai déjà entamé le travail en essayant de connaître les motivations et les ambitions des joueuses. Je ne vais pas attendre le mois d’août pour sonder mon équipe. Plus le temps va avancer, plus on aura progressé. Maintenant, si on doit rejouer, ce sera impossible de retrouver d’emblée un rythme classique, normal. Mais on s’y adaptera…Je compte sur l’apport de tout le monde pour mener à bon port ce beau projet.


BIO… Adriano Marlin.

Né le 3 juin 1983, à Saint-Gilles (La Réunion). 37 ans.

Parcours joueur : Istres (2000-2005, D1), Cesson (2005-2008, D2), Angers (2008-2010, N1-D2), Semur-en-Auxois (2010-2012, D2), Pontault-Combault (2012-2015, D2), Vernouillet (2015-2017, N1). Entraîneur : Gien HB Loiret (2018-2021, entraîneur-adjoint).


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