• Lyes Baloul

FOOTBALL - Le président de l’USM Montargis, Cyril Martini, expose son projet


L’USM Montargis a choisi sa destinée, au soir du 22 octobre dernier, en intronisant Cyril Martini à la tête de ce club centenaire. Ce chef d’entreprise de 49 ans est aujourd’hui sur tous les fronts. La responsabilité est de taille. Et le président montargois ne l’ignore pas.


« Je prends les choses en main au moment où le Covid-19 nous frappe de plein fouet… »

Mais le challenge semble l’exciter. « Nous avons un projet. Je suis entouré d’une équipe dynamique, capable de m’accompagner dans mes perspectives, une équipe cohérente avec mes idées… Je ne peux donc être que confiant et optimiste ». Et si c’est Cyril Martini qui le dit. Interview.


Vous avez assisté, dimanche 31 janvier, à l’élimination « honorable » de l’USMM (N3), en Coupe de France (6e de finale), à Romorantin, club de N2 (3-1)… Quel est votre sentiment ?

Franchement, je ne pouvais être que fier de la prestation des joueurs. Personnellement, j’ai pris plaisir à les voir jouer… Je ne m’exprime pas en qualité de président. C’est mon côté passionné de football qui parle. L’équipe a eu un très bon comportement. On a fait un bon match. Oui, la victoire nous a échappé au bout du compte. Oui, le groupe a subi l’élimination… Mais je préfère retenir du positif. Les joueurs ont fait preuve de courage. Ils ont montré de quoi ils étaient capables malgré le manque d’entraînements. Bravo à eux…


Cyril Martini, à Romorantin, en Coupe de France le 31 janvier. Le premier match depuis trois mois.


Après le match, vous avez rejoint les joueurs dans leur vestiaire… Avez-vous pris la parole ?

Patrice (ndlr : Colas, le coach) a fait sa causerie. Il était clair, positif. Il a expliqué aux joueurs qu’ils n’avaient pas à être déçus. C’était sans regret. Les joueurs ont eu dix jours d’entraînements soutenus. C’était presque impossible pour aborder ce type de match… face à un adversaire qui évolue une division au-dessus. Oui, j’ai parlé aux joueurs. J’ai constaté qu’ils étaient effondrés. Normal. Mais je ne pouvais pas blâmer leur implication. Ils ont fait le boulot, mais malheureusement il ne nous manquait que la victoire. Je leur ai dit que ça allait payer un jour ou l’autre. Je comprends la déception de l’équipe. Romorantin était opportuniste. Mais il n’y avait rien à regretter…C’est le football. Une chose est certaine : le groupe était loin d’être ridicule face à une équipe de N2. Encore une fois, je suis admiratif de l’attitude de l’ensemble du groupe, avec l’incorporation de deux joueurs U18, faut-il le souligner (sourire)…


Vous avez été élu président à l’USMM en octobre dernier… Comment jugez-vous vos premiers pas au sein de cette structure ?

Au club, tout le monde va dans le même sens. Je suis arrivé en pleine pandémie. Il est difficile d’aborder les projets. C’est au jour le jour. Le monde s’arrête. On attend les annonces de l’État… C’est paralysant, même si on essaie d’avancer tout doucement, en menant des démarches administratives, en lien notamment avec les instances. Après, les finances stagnent… Il n’y a plus de recettes. L’USM Montargis n’est pas la seule structure à subir cette situation. C’est général. Mais il ne faut pas que cela s’éternise. La municipalité nous accompagne dans notre projet. Je tiens d’ailleurs à remercier le maire (ndlr : Benoît Digeon) et le directeur des sports (ndlr : Boris Duchemin) pour leur efficacité et rapidité d’intervention, notamment au sujet de la dérogation des entraînements après 18 heures (couvre-feu).


Craignez-vous une éventuelle baisse de sponsors suite à l’actuelle situation sanitaire ?

Le club attend des réponses et je souhaite que nos partenaires se manifestent, même si la situation est compliquée pour tout le monde. Il y a certains secteurs d’activités qui sont impactés. D’autres, moins ou pas du tout. D’ailleurs, le club a décidé de réduire le coût des publicités. On était parti sur des panneaux à un certain tarif, mais là, j’estime qu’il est plus judicieux de revoir ces demandes. Une manière d’avoir plus de sponsors, avec des montants revus à la baisse. Nous tablerons sur la quantité avec des coûts abordables… Encore une fois, le club a besoin de partenaires pour avancer… Nous avons une vingtaine d’éducateurs, plus de 400 licenciés et deux salariés. Mais je précise que la situation financière est saine. La municipalité a reconduit la subvention… C’est une très bonne chose.

Quels sont les principaux axes de votre projet ?

On va, déjà, essayer de rassembler. La porte est ouverte à tout le monde. Je suis anti conflit. Je prône la discussion. Je veux que l’on créé de la convivialité dans ce club. J’insiste sur la reconnaissance des bénévoles. C’est le moteur d’un club amateur. Mon projet démarre sur trois ans. On tentera d’apporter des améliorations sur plusieurs secteurs. Le club est, aujourd’hui, reconnaissant du travail effectué par les anciens présidents. Nous sommes dans la continuité. Nous avons mis en place une charte, une forme de plan d’action. Malheureusement, la pandémie freine les choses. Mais on travaille sur le long terme. On a des idées. J’ai confiance en toute l’équipe dirigeante pour faire progresser ce club…


On parle d’une « révolution » au niveau de la communication. Qu’en est-il au juste ?

Le mot « révolution » est, peut-être un peu trop fort. Mais je confirme que le club travaille à améliorer ce volet. C’est important d’avoir une bonne communication au sein d’un club. Nous avons décidé de redoubler d’efforts pour redynamiser, remobiliser, inciter les Montargois à venir nous voir au stade. Là, c’est impossible, compte tenu de la pandémie. Mais nous préparons l’avenir. Nous avons engagé des discussions pour apporter des choses nouvelles. Nous étudions, par exemple, la possibilité d’ouvrir une boutique en centre-ville (vente d’équipements aux couleurs du club). Le projet se fera en partenariat avec l’USMM rugby… Et probablement l’implication des autres sections. Le but est de donner une large visibilité au maillot de l’USM Montargis. Toutes sections confondues.


D’autres idées en perspective ?

En effet, le club va structurer l’accueil de ses sponsors. Les chefs d’entreprises (partenaires) sont une partie intégrante de notre structure. Nous travaillons sur une feuille de route pour établir des échanges réguliers, des rencontres qui se feront, par exemple, dans un club house beaucoup plus adapté, autour d’un verre, un repas… Nous comptons offrir un peu plus de confort à notre public, les week-ends de matches (restauration, buvette, etc…). Sportivement, le club travaille sur la mise en place d’une section de sport adapté et il y a tant d’autres projets ! Mais tous ces engagements ne pourront se concrétiser qu’à une seule condition : l’implication de tout le monde.


Sur le plan sportif, l’idée de voir évoluer l’USMM une division supérieure fait-elle partie de votre projet ?

Je suis un président ambitieux. Mais à la mesure de nos moyens. Je n’ai pas de baguette magique. Nous sommes là pour travailler dans la sérénité. Jouer en N2, c’est bien… Mais à quel prix ? On part sur un projet de trois ans. Mon projet est de faire monter l’équipe réserve (R2). Nous n’allons pas bruler les étapes. L’équipe première joue en N3. On va suivre de près l’évolution de son niveau. Je me focalise sur la formation, masculine et féminine, l’école de foot. Nous aimerions faire progresser les U18. Je veux que les jeunes puissent poursuivre leur ascension. Nous avons des éducateurs, capables de mener ce travail. Ils le font bien. Je tiens à les féliciter.

Une solution en cas d’arrêt définitif de la saison ? La ligue du Centre a un plan. En cas d’arrêt définitif de la saison (Covid-19), l’instance régionale étudie la possibilité de mettre en place un mini-championnat, sans montées, ni descentes (jeunes, féminines, seniors). Cette compétition symbolique interviendrait en avril et s’étalera jusqu’en juin. « Cette idée sera une excellente chose pour redonner vie aux clubs… » commente Cyril Martini.

Quand Cyril Martini participait à Roland-Garros…

Dans la vie sportive de Cyril Martini, il y a eu le football. Mais pas que… Parce que le natif de Vitry-sur-Seine (94) fut, également, un très bon joueur de… tennis. Pour preuve : trois participations au prestigieux tournoi de Roland-Garros (14, 15 et 16 ans). C’était sous les couleurs d’un club parisien. « J’étais classé 0 à l’âge de 15, 16 ans. Je jouais en seniors », sourit celui qui a dû abandonner le tennis « pour des raisons familiales ».