Football - Jean-Paul Korman, de Langlée à Bordeaux, en passant par l'USO...


À bientôt 70 ans, il raconte son enfance, ses joies, ses frustrations…

C’est l’histoire d’un homme qui a eu une trajectoire atypique. Un mélange de joie et de frustration. Jean-Paul Korman tient encore ses repères. Il se souvient de son enfance passée dans le quartier de Vésines, à Châlette. De ses débuts dans le football. À l’US Langlée. Où il exprima ses premiers arguments techniques. Le vent le poussa, ensuite, sous d’autres cieux. Dans le sud-ouest. Avant un retour dans le Loiret. Où il découvre le charme de la Ligue 2, sous le maillot de l’US Orléans. Une étape de la carrière du natif de Montargis qui se termina avec un goût d’inachevé. Il fêtera ses 70 ans le 8 janvier prochain. Rencontre.


Le football ? Jean-Paul Korman en est, aujourd’hui, moins accro. « J’ai eu ma dose pendant quarante ans… », esquisse-t-il. Quarante ans de pratique. Quarante ans d’histoire. « Et quarante ans que ma femme a supporté mes absences. Elle m’a toujours dit qu’on faisait un mariage à trois, avec le foot. Elle m’a toujours soutenu, épaulé. J’en suis reconnaissant ». Et d’enchaîner : « C’est sûr, le foot m’a donné un plaisir personnel. J’ai pu rencontrer des personnes, connaître la valeur des gens. Ça ne s’oublie pas… ». Pourtant, tout a commencé à la gymnastique. « J’en ai fait à Langlée (Châlette)…C’était de 8 à 16 ans », raconte-t-il.

« Slota m’a fait venir au foot à Langlée… »

Jean-Paul Korman se souvient d’un homme. Le coach de l’US Langlée. « Monsieur Slota m’a vu jouer au foot à l’école. Il tenait à ce que je vienne à Langlée. J’avais 14 ans. Et j’ai fini par accepter ». Le petit châlettois rejoint un club loin d’être inconnu aux yeux de ses parents. « J’ai grandi à Vésines. Mon enfance, c’était dans ce quartier. Mon père travaillait à Hutchinson, à Châlette. Il a toujours joué à Langlée. Ma mère était présente tous les dimanches au stade… Finalement, une histoire de famille », note Jean-Paul Korman.

Avec les frères Antoniw, Corgon, Szofer…

À peine arrivé chez les jaunes de Langlée, le môme se trouve, déjà, contraint d’avancer plus vite que prévu. « J’ai été surclassé ». Résultat : il intègre les seniors de l’US Langlée alors qu’il vint à peine de fêter ses 16 ans. « C’était en promotion d’honneur (PH) », précise-t-il. Où il côtoya les frères Antoniw, Corgon, Zsofer et tant d’autres.

« Trois belles années en seniors », appuie Jean-Paul Korman, ce petit-fils de Slovaques. « Mes grands-parents étaient de Bratislava ».

De Langlée à Bergerac puis… aux Girondins de Bordeaux

Aux Girondins de Bordeaux en 1973


Le Montargois, 18 ans, atterrit dans le sud-ouest. À Bordeaux, précisément. « J’ai choisi de poursuivre des études pour devenir professeur d’EPS… ». Sur place, une nouvelle page va bientôt s’écrire… « J’avais un prof à la fac qui entraînait à Bergerac. Il m’a fait venir dans ce club. J’ai fait deux saisons en CFA… ». Et de renchérir : « En 1973, ce même prof (NDLR : Menaut) a été appelé par les Girondins de Bordeaux. Il m’a emmené dans ses bagages… ». Sous le maillot bordelais, Jean-Paul Korman se limita à évoluer, l’espace d’une saison, en équipe réserve, en CFA. Et de rejoindre, ensuite, le club de Sauveterre-de-Guyenne (Gironde), où il endossa durant une année la responsabilité d’entraîneur-joueur, en division d’honneur (DH).

À l’Arago Orléans en 1976…

Le diplôme de professeur de sports en poche, Jean-Paul Korman trouve un point de chute professionnel dans le Loiret. « Mais d’abord, j’ai dû arrêter le foot pendant un an pour aller à l’armée (1975 – 1976) ». Puis, direction l’Arago Orléans. Où il évolua l’espace de deux ans en division d’honneur (DH). « Mon adaptation était un peu particulière. Les copains, on ne se les fait pas du jour au lendemain… ». L’Arago deviendra l’US Orléans, club qui réussira à atteindre la Ligue 2. Jean-Paul Korman, cet ancien attaquant puis milieu défensif, est au sommet de sa passion. « Jouer deux années en Ligue 2, c’est sûr, c’était passionnant… », sourit ce père d’un garçon (ancien footballeur stagiaire à Guingamp, aujourd’hui au comité olympique d’Orléans) et d’une fille (prof d’EPS).


À l’USO, en Ligue 2

Fracture à la jambe, finale de Coupe de France ratée…

Il en parle en conjuguant son verbe au présent. « Ma fracture de la jambe, je ne l’oublie pas ». Remplaçant sur le banc de l’US Orléans face à Lens (Ligue 2), Jean-Paul Korman se retrouva, le lendemain, titulaire avec l’équipe réserve à Salbris (DH). « C’est ce jour-la que je me fais fracasser la jambe », glisse-t-il. La fin d’un espoir. « J’ai eu une rééducation difficile… ». L’USO était, alors, qualifiée en quart de finale de la Coupe de France. « J’ai raté ce match là, la demi-finale et la finale ». Une finale qui opposa, au Parc des Princes, l’USO à Monaco (1-3). « J’étais présent au stade. J’avais une énorme frustration, de l’amertume. Mais bon, c’est la carrière d’un footballeur ». Il quitte le club orléanais au bout de quatre ans (Arago et l’USO). Meilleur souvenir ? « Mon doublé contre Amiens. Ce jour-là, Jacky Lemée (l’entraîneur de l’USO) m’avait fait jouer en milieu offensif… ». Le Montargois aura disputé une trentaine de matches en Ligue 2.

Coupe du Loiret et fin de carrière à Jargeau…

De retour sur blessure, Jean-Paul Korman se dirigea à Saint-Denis-de-l’Hôtel (PL). Dix ans de service. Puis, cinq années à Sandillon. « On a réussi la montée de la D3 jusqu’en PL ». S’ensuivra une aventure à Pithiviers (PH, 1996 – 2000). Avant qu’il ne pose ses valises à Jargeau, en promotion d’honneur (PH). Fin de carrière pour Jean-Paul Korman en 2006. Lorsque le Châlettois offre une Coupe du Loiret au club de Jargeau, à Saint-Jean-de-Braye, face à Saint-Jean-le-Blanc. « Et ça fait partie de mes meilleurs souvenirs dans ma carrière », conclut celui qui profite de sa retraite du côté de Jargeau. Avec un air émotionnel…


 

COMMUNICATION DE LA BRASSERIE DES GLACES