Football, décès de Jean-Pierre Adams - Marius Trésor : « C’était un coéquipier, un ami, un frère… »


La mauvaise s’est propagée telle une traînée de poudre. Jean-Pierre Adams s’en est allé… Le footballeur montargois d’adoption s’est éteint, ce lundi, à l’hôpital de Nîmes, à l’âge de 73 ans. Il était resté dans un coma végétatif pendant 39 ans suite à une erreur médicale lors d'une anesthésie. Marius Trésor, son ancien coéquipier en équipe de France, est un homme triste. Le Connecté l’a contacté ce lundi peu après 13 heures. Il réagit…

Marius, ce lundi est un jour triste… Les Français connaissent votre proximité avec Jean-Pierre Adams…Un commentaire ?

J’ai appris la terrible nouvelle ce matin (lundi). Je suis naturellement triste… Que voulez-vous que je vous dise ? Jean-Pierre, c’est toute une vie. C’était un coéquipier, un ami, un frère. J’ai envoyé un message à Bernadette (Adams, l’épouse de Jean-Pierre). Je lui ai présenté mes condoléances. Je tiens à lui rendre hommage. Bernadette est une femme courageuse, formidable, qui s’est occupée l’espace de 39 ans de son époux. Je suis de tout cœur avec toute sa famille…

À quoi avez-vous pensé en apprenant cette disparition ?

La vie est ainsi faite. Vous savez, avec Jean-Pierre, on s’est connu grâce au football. À l’époque, il n’y avait ni téléphone portable ni tablette… Les gens échangeaient énormément. Avec Jean-Pierre, on sortait un peu en dehors des matches. On allait prendre une coupe de champagne, voire deux. Pas plus. Il y avait beaucoup de rigueur, tout de même. Du sérieux. Jean-Pierre était un joueur exceptionnel. Sur et en dehors du terrain. On était très proche. Forcément, je perds quelqu’un de très important de ma vie.

Et vous formiez « la garde noire » en équipe de France…

Oui. En 1972, nous avions été jouer en Pologne. Nous avions gagné 2-0 contre les Polonais. En conférence de presse, Stefan Kovacs (le sélectionneur français de l’époque) avait répondu à une question d’un journaliste concernant le secret de la victoire… Il a répondu qu’il avait trouvé sa « garde noire ». C’était moi et Jean-Pierre (Adams). Et c’est resté depuis…

Quel homme Jean-Pierre était-il ?

Un grand homme. Quelqu’un de merveilleux. Il aimait danser. Il aimait la musique, surtout le rock. On allait de temps en temps en boîte « le Cœur Samba », à Paris. Je le regardais danser. C’était impressionnant. On jouait souvent aux cartes. Il aimait jouer au tarot. Jean-Pierre aimait le football, la vie. Notre première rencontre était marquante. C’était en adversaires lors du match Ajaccio – Nîmes. Sur une action, un dirigeant me dit : « Marius, chope-le ! ». On s’est arrêté tous les deux. Jean-Pierre lui répond : « Pas de ça chez nous ! ». On s’est revu en équipe de France. Et c’était l’amorce de notre grande amitié…

À quand remonte votre dernière rencontre ?

En mars 1982… Il m’a dit qu’il allait rentrer à l’hôpital pour se faire opérer. Puis, le silence total… Je ne l’ai jamais entendu ni revu…

Pourquoi ?

C’était une décision volontaire, réfléchie de ma part. Je voulais garder la même image de Jean-Pierre. Le même visage. L’image d’un homme avec lequel on se défonçait sur les terrains de football, avec lequel je passais des moments extraordinaires.

Pourtant, vous auriez finalement changé d’avis…

Je confirme. Bernadette (Adams) était présente à la cérémonie de mon départ en retraite, à Bordeaux, le 2 février 2020. Je lui avais dit que j’allais déroger à la règle en faisant un effort d’aller rendre visite à Jean-Pierre. C’était en plein Covid-19. Il y a quelques jours, j’ai entendu que la pandémie baissait d’intensité. Je voulais y aller… Lui rendre visite. Bernadette est venue avec son petit-fils à Bordeaux (2020). Le petit me dit : « C’est vrai que papi était fort au foot ? ». Affirmatif.

Un dernier mot ?

Au revoir Jean-Pierre…