• Jean-Paul Billault

Sur l'agglomération montargoise les chiffres de l'épidémie montrent une progression plus for


L'ÉDITORIAL

Voir "l'épidémie en face" sur notre territoire

Tout le monde parle de l'épidémie qui progresse partout en France, mais qu'en est-il exactement sur l'agglomération montargoise ? Réponse avec cette carte qui présente le taux d'incidence, c'est à dire le nombre de nouveaux cas pour 100000 habitants sur une période de 7 jours, à l'échelle de chaque commune. Mais au delà de cette carte vous trouverez aussi les explications et les chiffres qui permettent d'apprécier l'évolution de l'épidémie sur ce territoire. Ce n'est qu'une photographie imparfaite, mais qui donne une idée de la situation dans laquelle était l'agglomération montargoise au moment de l'annonce du confinement par Emmanuel Macron le 28 octobre, avec un aperçu documenté de l'évolution sur les trois semaines qui l'ont précédée.

Si nous avons décidé de travailler sur les données disponibles et vous présenter cette carte et un état des lieux de l'épidémie, c'est aussi pour, d'une certaine manière, "voir l'épidémie en face" sur notre territoire. Par exemple en vous donnant les chiffres du nombre de nouvelles personnes testées positives sur une semaine dans chaque commune, ce qui peut vous permettre d'appréhender "concrètement" l'évolution de l'épidémie sur l'agglomération. Et je suis sûr que vous ne serez pas vraiment surpris : tout le monde commence à connaître quelqu'un qui connaît quelqu'un... qui a été testé positif. Ce n'était pas vraiment le cas lors du précédent confinement.

Ce confinement Acte 2, décidé précipitamment face à la menace annoncée au niveau national, a visiblement du mal à être compris et parfois accepté par les Français. Les couacs du gouvernement n'y sont certainement pas pour rien... Pour autant les chiffres de l'épidémie sont là, et peuvent être jugés très inquiétants si l'on considère nos capacités hospitalières et de réanimation. Il ne s'agit pas de faire du catastrophisme, mais de prendre conscience de ce qui nous attend aussi sur le plan local.

En 4 jours, entre vendredi 30 octobre et lundi 3 novembre, le nombre de patients placés en réanimation au CHAM est passé de 7 à 10. Le nombre de patients hospitalisés en zone covid est passé de 15 à 20. Et ce n'est que le début d'une augmentation brutale, conséquence d'une très forte hausse des contaminations sur notre territoire avant que le confinement Acte 2 entre en vigueur.

Il y a une semaine, le 28 octobre, l'agglomération montargoise comptait entre 330 et 582 personnes qui avaient été testées positives dans la semaine, la période du 20 au 28 octobre. Et parmi ces personnes, entre 15 et 16% étaient des personnes âgées de 65 ans et plus.

Si seulement 1% de l'ensemble de ces nouveaux cas développe une forme grave de la maladie, nécessitant d'entrer en réanimation, c'est entre 3 et 6 lits qui seront nécessaires dans les 10 jours suivants pour les soigner. Et comme ces nouveaux cas vont devoir rester en réanimation pour au moins plus d'une semaine, la saturation risque d'intervenir très rapidement. D'autant plus que ce n'est pas uniquement l'agglomération montargoise (63903 habitants) qui voit une hausse des contaminations, mais l'ensemble du Gâtinais, c'est à dire une population de 130000 habitants...

Voir "l'épidémie en face" sur notre territoire, c'est aussi ne pas se voiler la face. Les jours et semaines à venir sont déterminants et la capacité collective des habitants du Gâtinais à respecter un confinement stricte, et donc de faire baisser le chiffre de nouvelles contaminations, va pouvoir être mesurée. Chaque semaine, le mercredi nous ferons un point sur leConnecté.fr à partir des derniers chiffres consolidés. Et on a qu'un seul souhait : vous dire que "ça va mieux". Mais ça pourrait être long à venir...

Du 17 mars au 11 mai le Gâtinais à accepté et vécu le confinement comme une "fatalité nationale", décidé "en haut", sans que nous soyons vraiment confrontés au risque épidémique sur notre territoire. Avec le début de ce confinement Acte 2, la décision vient toujours "d'en haut", mais il est grand temps de l'accepter et de le vivre comme une "fatalité locale", car l'épidémie est bien présente sur notre territoire.

LA MÉTHODE

Depuis le 28 octobre, nous avons attendu une semaine pour que les chiffres soient consolidés.

À noter que les taux exacts des indicateurs ne sont pas présentés pour chaque commune par Santé publique, afin d’éviter l’identification des personnes testées, notamment celles qui ont un test positif. En revanche nous disposons d'une fourchette ou se situe le taux d'incidence, c'est à dire le nombre de nouveaux cas pour 100000 habitants sur une période de 7 jours, à l'échelle de chaque commune : de 50 à 150, de 150 à 250, de 250 à 500, de 500 à 1000, et plus de 1000.

À partir de toutes ces données il est possible de calculer une fourchette des nouveaux cas pour chaque commune sur une période donnée, et de calculer également le taux d'incidence de l'agglomération dans son ensemble. Nous disposons par ailleurs des chiffres précis sur la métropole orléanaise, car Santé publique France communique les données précises pour les 22 métropoles françaises.

Le taux d'incidence dépend aussi du taux de dépistage d'un territoire à l'autre. Le taux de dépistage sur 7 jours glissants correspond, au nombre total de personnes testées dans l'intervalle de temps, divisé par le nombre d'habitants.

Sur l'agglomération montargoise et la métropole orléanaise le taux de dépistage est de 2500 et plus pour 100000 habitants. Il est de 2300/100000 pour la France entière.

Les chiffres que nous vous présentons sont donc une estimation. À noter que tous les chiffres de taux d'incidence ne prennent en compte que les nouveaux cas de contamination enregistrés après un test. Le chiffre réels de nouveaux cas est certainement supérieur, car il est probable que des personnes contaminées et asymptomatiques ne se soient pas fait tester.

CE QUE DISENT LES DONNÉES

L'agglomération très touchée par l'épidémie

Avec un taux d'incidence compris entre 500 et 1000, ce territoire qui compte 63903 habitants (sur 15 communes) a un taux équivalent ou supérieur à celui de la métropole orléanaise (292177 habitants, 22 communes) qui a un taux de 586,60 sur la même période. Le taux pour la France entière est alors de 476.

1 nouveau cas de contamination sur 6 dans l'agglomération concerne une personne âgée de 65 ans et plus, un taux supérieur à celui de la France.

Au moment de l'annonce du confinement, l'agglomération montargoise comptait entre 330 et 582 personnes qui avaient été testées positives dans la période du 20 au 28 octobre. Parmi elles entre 51 et 92, sont âgées de 65 ans et plus, et considérées plus à risque de développer une forme grave de la Covid-19. Cette population de 65 ans et plus, testée positive, représente entre 15,45 et 15,80% des nouveaux cas positifs détectés, soit 1 personne sur 6. Le chiffres du taux d'incidence chez les personnes de 65 ans et plus, à l'échelle de l'agglomération montargoise est compris entre 500 et 1000, alors qu'il est de 435,30 sur la métropole orléanaise et de 483,00 en France.

Un taux de positivité de 25 à 30% : plus de 1 personne sur 4 qui se fait tester est positive. En France c'est 1 personne sur 5, sur la métropole orléanaise c'est une personne sur 5 ou 6.

Le taux de positivité sur 7 jours glissants correspond au nombre total de personnes testées positives dans l'intervalle de temps divisé par le nombre de personnes testées.

Le chiffre du taux de positivité sur l'agglomération montargoise montre que l'épidémie gagne du terrain.

Sur trois semaines (données pour les périodes du 8/10 au 14/10, du 15/10 au 21/10 et du 22/10 au 28/10) le taux de positivité est passé d'un chiffre compris entre 5 et 10%, à un chiffre compris entre 25 et 30%.

Ce taux de positivité progresse sur trois semaines, et est cohérent avec le taux de dépistage qui a augmenté lui aussi dans la même période, passant de 1000 à 1500 pour 100000 habitants à un taux de 2500 et plus pour 100000 habitants. Si on compare avec les chiffres de la métropole orléanaise sur les deux premières semaines étudiées (8/10 au 14/10, du 15/10 au 21/10) ont peut noter que la dynamique de l'épidémie est plus importante sur l'agglomération montargoise :

du 8/10 au 14/10 le taux de dépistage était de 1000 à 1500 pour 100000 habitants et le taux de positivité était compris entre 5 et 10%. Du 15/10 au 21/10 le taux de dépistage était de 1500 à 2000 pour 100000 habitants et le taux de positivité était compris entre 15 et 20%.

Sur la métropole orléanaise, pour la même période de deux semaines, le taux de dépistage a lui aussi augmenté, passant de 1500 à 2000 tests pour 100000 habitants à 2000 à 2500 tests pour 100000 habitants. En revanche le taux de positivité est resté compris entre 10 à 15% sur cette même période.

En résumé on teste moins sur l'agglomération montargoise comparée à la métropole orléanaise, mais le nombre de personnes testées positives est en proportion supérieur.

Toutefois, faute de disposer des chiffres précis du taux de dépistage pour la métropole orléanaise et l'agglomération montargoise sur la dernière semaine étudiée (du 22/10 au 28/10), il faut être prudent dans l'interprétation de ce taux de positivité d'un territoire à l'autre sur cette période. Par ailleurs la découverte d'un cluster identifié, et le dépistage massif de personnes ayant la forte probabilité d'avoir contracté le virus, peut entraîner une forte hausse du taux de positivité.

À l'échelle de chaque commune de l'agglomération le nombre estimé de personnes testées positives, et le nombre estimé de personnes de 65 ans et plus testées positives sont les suivants (période du 21 au 28/10)

Montargis (15212 habitants)

Entre 76 et 152 cas. Parmi eux entre 16 et 32 ont 65 ans et plus.

Taux d'incidence (nombre de nouveaux cas pour 100000 habitants sur une période de 7 jours) : de 500 à 1000

Taux de dépistage : plus de 2,5% de la population

Taux de positivité : 25 à 30%

Amilly (13577 habitants)

Entre 22 et 67 cas. Parmi eux entre 17 et 34 ont 65 ans et plus.

Taux d'incidence (nombre de nouveaux cas pour 100000 habitants sur une période de 7 jours) : de 500 à 1000

Taux de dépistage : plus de 2,5% de la population

Taux de positivité : 20 à 25%

Châlette-sur-Loing (12835 habitants)

Entre 64 et 128 cas. Parmi eux entre 6 et 13 ont 65 ans.

Taux d'incidence (nombre de nouveaux cas pour 100000 habitants sur une période de 7 jours) : de 500 à 1000

Taux de dépistage : plus de 2,5% de la population

Taux de positivité : 25 à 30%

Villemandeur (7164 habitants)

Entre 35 et 71 cas. Parmi eux entre 2 et 4 ont 65 ans et plus.

Taux d'incidence (nombre de nouveaux cas pour 100000 habitants sur une période de 7 jours) : de 500 à 1000

Taux de dépistage : plus de 2,5% de la population

Taux de positivité : 25 à 30%

Pannes (3761 habitants)

Entre 18 et 37 cas. Parmi eux entre 1 et 3 ont 65 ans et plus.

Taux d'incidence (nombre de nouveaux cas pour 100000 habitants sur une période de 7 jours) : de 500 à 1000

Taux de dépistage : plus de 2,5% de la population

Taux de positivité : 25 à 30%

Corquilleroy (2846 habitants)

Plus de 28 cas. Parmi eux entre 1 et 3 ont 65 ans et plus.

Taux d'incidence (nombre de nouveaux cas pour 100000 habitants sur une période de 7 jours) : plus de 1000

Taux de dépistage : plus de 2,5% de la population

Taux de positivité : 30% et plus

Cepoy (2418 habitants)

Entre 12 et 24 cas. Parmi eux entre 1 et 3 ont 65 ans et plus.

Taux d'incidence (nombre de nouveaux cas pour 100000 habitants sur une période de 7 jours) : de 500 à 1000

Taux de dépistage : plus de 2,5% de la population

Taux de positivité : 25 à 30%

Chevillon-sur-Huilard (1459 habitants)

Entre 7 et 14 cas. Parmi eux aucun cas entre 65 ans et plus.

Taux d'incidence (nombre de nouveaux cas pour 100000 habitants sur une période de 7 jours) : de 500 à 1000

Taux de dépistage : plus de 2,5% de la population

Taux de positivité : 20 à 25%

Saint-Maurice-sur-Fessard (1209 habitants)

Entre 6 et 12 cas. Parmi eux un cas entre 65 ans et plus.

Taux d'incidence (nombre de nouveaux cas pour 100000 habitants sur une période de 7 jours) : de 500 à 1000

Taux de dépistage : plus de 2,5% de la population

Taux de positivité : 25 à 30%

Vimory (1208 habitants)

Au moins 12 cas. Parmi eux aucun cas entre 65 ans et plus.

Taux d'incidence (nombre de nouveaux cas pour 100000 habitants sur une période de 7 jours) : plus de 1000

Taux de dépistage : plus de 2,5% de la population

Taux de positivité : plus de 30%

Paucourt (928 habitants)

Entre 4 et 9 cas. Parmi eux entre 1 et 2 ont 65 ans et plus.

Taux d'incidence (nombre de nouveaux cas pour 100000 habitants sur une période de 7 jours) : plus de 1000

Taux de dépistage : plus de 2,5% de la population

Taux de positivité : 20 à 25%

Mormant-sur-Vernisson (122 habitants) : au moins 1 cas. Aucun cas entre 65 ans et plus.

Taux d'incidence (nombre de nouveaux cas pour 100000 habitants sur une période de 7 jours) : plus de 1000

Taux de dépistage : plus de 2,5% de la population

Taux de positivité : plus de 30%

Solterre (476 habitants)

On ne compte pas de nouveaux cas dans cette période.

Taux de dépistage : entre 1 et 1,5% de la population

Conflans-sur-Loing (375 habitants)

On ne compte pas de nouveaux cas dans cette période.

Taux de dépistage : entre 1,5 et 2% de la population

Lombreuil (313 habitants)

On ne compte pas de nouveaux cas dans cette période.

Taux de dépistage : entre 2 et 2,5% de la population

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