Mort de Samuel Paty : Une famille gâtinaise l’a côtoyé et… livre un témoignage poignant !

20/10/2020

Des voix basses. Chargées d’émotions. De la tristesse. Enormément. La famille Delandre, du côté du village gâtinais de Lorrez-le-Bocage-Préaux, à 30 kilomètres de Montargis, se souvient de Samuel Paty, sauvagement assassiné, le vendredi 16 octobre, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Les Delandre ont côtoyé le professeur d’histoire-géographique. Ils en parlent. Les larmes aux yeux.

(En photo : C. Delandre avec Samuel Paty).

 

Quatre jours après le drame, les cicatrices sont toujours béantes. « Je suis dégoûtée, écœurée. J’ai du mal à m’en remettre… ». Voilà dans quel état se trouve C. Delandre. Cette jeune lycéenne (en terminal) fut, l’espace de deux années, une des élèves de Samuel Paty, au collège Jacques Prévert, à Lorrez-le-Bocage-Préaux (77). « C’était un homme strict, droit, pas désobligeant envers les religions. Un prof respectueux… », murmure-t-elle. À mi-voix. L’assassinat de son ancien professeur la bouleverse. « Je rentrais de cours. Je commençais à avoir des infos sur ce drame. Mais je ne savais pas que c’était lui. Puis, en apprenant le prénom, j’ai eu un sentiment bizarre. J’ai ensuite fini par comprendre que c’était bien lui… », pleure-t-elle. 

 

« Au collège, il jouait au baby-foot avec nous… »

 

L’assassinat de Samuel Paty a jeté l’émoi au sein de la famille Delandre. « Quand je regarde ma fille, je ressens du changement chez elle. De la perturbation. Elle s’est enfermée sur elle-même… », glisse A. Delandre, le père de famille. « Moi, je ressens énormément d’injustice. Tuer pour ça, arriver à des extrêmes, c’est complètement révoltant… », peste D. Delandre, la mère de famille et ancienne enseignante. Celle-ci fréquentait le collège où Samuel Paty enseignait, à Lorrez-le-Bocage-Préaux. « Je faisais partie de l’association des parents d’élèves. Je le croisais en conseils de classes. C’était un prof sympathique, bienveillant, passionné par sa matière. On échangeait… », se souvient-elle. C. Delandre n’oublie rien de on professeur. « Au collège, il jouait au baby-foot avec nous. Il était tellement présent auprès de ces élèves… Toujours prêt à écouter, accompagner… », soupire la jeune fille de 17 ans. 

 

« Monsieur Paty m’a fait aimer l’histoire-géo… »

 

« J’ai appris la nouvelle sur une chaine d’informations. J’étais écœurée. Jusque-là, je ne savais pas que c’était monsieur Paty. Ensuite, je suis partie dîner avec une amie. Mon mari m’a envoyé un message pour me donner la mauvaise nouvelle… Je suis rentrée directe », raconte D. Delandre. Clara, elle, essuyait ses premières larmes, plongée dans ses pensées. « Sur le coup, on n’a du mal à réaliser… Non, ce n’était pas possible. Pourtant… », lance C. Delandre. Et d’enchaîner : « Je n’aimais pas l’Histoire-géo. J’avoue que monsieur Paty m’a fait aimer cette matière… ».

 

« Après l'attentat du Bataclan, il nous a soutenu psychologiquement » 

C. Delandre, profondément touchée, est reconnaissante vis-à-vis de son ancien professeur. « Je me rappelle qu’il était là à nous soutenir après l’attentat au Bataclan (ndlr : 13 novembre 2015). Il nous a fait un cours spécifique. Il nous a demandé de dessiner, exprimer nos sentiments, nos chagrins… », informe la lycéenne. La France se trouvait, à cette période-là, frappée par une action terroriste de grande ampleur (131 morts dont 90 au Bataclan), dix mois après l'attentat du 7 janvier contre Charlie Hebdo.

 

« Monsieur Paty, merci pour tout, vous méritez un bel hommage ! »

 

La famille Delandre, dans l’incapacité d’assister à l’hommage qui sera rendu à Samuel Paty, a déposé un courrier accompagné d’un bouquet de fleurs à l’entrée du collège Jacques Prévert. C. Delandre, elle, a particulièrement souhaité envoyer un message, sincère, plein d’inspiration, de tristesse à Samuel Paty. « Monsieur Paty, merci pour tout ce que vous nous avez appris. Merci de nous avoir suivi. Vous méritez un bel hommage. Je ne vous oublierai jamais… », conclut-t-elle. La voix tremblante… 

 

 

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