Handball - André Clavel, la mémoire infatigable de l'USM Montargis


Lui, il aura connu toutes les générations du handball montargois. Lui, c’est André Clavel. La mémoire « increvable » de l’histoire du handball de l’USM Montargis (garçons et filles). L’homme de 78 ans dégage une forme olympique. Il est aujourd’hui tel un « père providentiel » au sein de la structure montargoise. Où il assume son rôle de membre du bureau. « Je donne mon avis lorsque l’on me le demande… », sourit-il. André Clavel, ce père de deux filles - elles aussi anciennes handballeuses - fut président de l’USMM durant onze années (1977 – 1988). Le passé, le présent, le futur. Le handball, une question de vie et… de valeurs. André Clavel raconte…

C’est dans l’Aveyron, dans le pays de l’Occitanie, que voit le jour, à l’aube des années 40, André Clavel. Mais le destin de l’enfant s’inscrira ailleurs. D’abord, à Bourges, où ses parents ont posé leurs valises pour des raisons professionnelles. Une vingtaine d’années dans le Cher. André Clavel aimait le football. « J’étais gardien de but à Bourges ». Un jour, le môme accompagna l’équipe berruyère à Montargis. « Pour affronter l’USMM en Coupe Gambardella (U18)… », se souvient-il. Premier voyage, première découverte… Et premier coup de foudre pour la Venise du Gâtinais. Quelques années passèrent. André Clavel finit par retrouver Montargis. Parce que le jeune homme de 25 ans intégra l’Equilibre Biologique, le site d’Amilly (actuellement Sanofi). Quel hasard ! « J’abandonne le foot pour me consacrer à ma vie familiale et professionnelle ». Bientôt, c’est dans un autre sport qu’il fait ses preuves. Le handball.

Michel Leclerc à l’origine de sa venue à l’USMM handball

Le hasard de la vie. « J’habitais aux Closiers dans le quartier de la Chaussée (Montargis). Un jour, mon voisin tape à la porte. Il me dit : j’ai appris que vous étiez gardien de but au foot. Il me demande de venir au hand… ». Son voisin n’était autre que Michel Leclerc, grande figure du handball local. André Clavel accepte la proposition. « C’était en 1965 », précise-t-il. Sur place, il côtoie les Claude Dunand, Michel et Philippe Girardy, Gilbert et Daniel Durand, Paul Roemer, Daniel Rigollet-Goussu, Alain Ryon et autres. « On s’entraînait au gymnase du lycée en Forêt. Les matches se déroulaient sur le terrain scolaire. Qu’il pleuve, qu’il neige. Le plaisir de jouer était là… », raconte André Clavel.

Gardien de but et montée en Nationale 3

Des souvenirs, André Clavel en a plein la tête. « Le président était Claude Durand. Il faisait tout. C’était un sacré passionné…Il était épaulé par Michel Leclerc », explique celui qui fut gardien de but l’espace d’une dizaine d’années. « J’ai arrêté de jouer à l’âge de 37 ans », souligne-t-il. L’USM Montargis atteignit le niveau de Nationale 3, en 1970 (voir photo de groupe ci-dessus ; André Clavel en blanc). « Que c’était dur d’arriver à ce niveau. L’USM Montargis se maintient en N3 durant 2 ans. « On a ensuite fait l’ascenseur. Petit à petit, nous les anciens, on laissait la place aux jeunes. Les choses se sont reconstruites au fil des saisons. On a appris, gagné en expérience… ».

La présidence et le tournoi de l’ascension

Il fut parmi les précurseurs du tournoi de l’ascension, organisation chère à l’USM Montargis. « La première édition remonte à 1977. Elle avait regroupé 32 équipes de haut niveau (seniors-juniors). On l’organisait sur le terrain scolaire pour avoir davantage d’espace », détaille-t-il. Ce tournoi aura vécu… 33 ans. Claude Dunand, le président, « était à bout ». André Clavel se voit propulser à la tête du club. « C’était plutôt toute une équipe qui gérait… ». Il évoque Daniel Rigollet-Goussu, François Duveau et Jean-Michel Frits. André Clavel assure sa mission pendant onze années (1977-1988), époque où l’USMM se composait d’une équipe masculine et féminine. C’est François Duveau qui lui succéda en 1988, à la présidence de la section.

« On a bataillé dur pour avoir des bases… »

André Clavel ne le cache pas. « On a bataillé dur pour avoir les entraîneurs, des structures techniques, les partenaires. Il a fallu beaucoup d’énergie, de l’investissement et des sacrifices. La municipalité et le club omnisports nous ont toujours soutenu… », glisse cet ancien membre, vice-président et trésorier de la ligue du Centre (1982-1996). « J’ai intégré cette instance pour participer à un projet de handball régional. C’était aussi une manière de faire exister le handball montargois. Mon passage à la ligue était intéressant sur le plan humain et sportif », estime-t-il.

Le présent et le futur de l’USM Montargis…

André Clavel tient un discours des plus élogieux de la situation actuelle de l’USM Montargis. « J’essaie de redynamiser un peu le site du club. Le but est de valoriser nos activités, informer nos supporters… ». L’homme de 78 ans se montre généreux lorsqu’il évoque Francis Perrier, l’actuel président montargois. « Il gère le club de manière exceptionnelle. Il est investi, compétent. Francis (Perrier) a réussi à redresser la situation financière du club… », cède celui qui était en charge d’organiser les 60 ans de l’USM Montargis handball, le 30 juin 2018. « L’organisation a été une belle réussite. On était parti de rien, pas de fichiers des anciens. On a fini par réunir tous les présidents passés par la section (excepté Jean-Claude Muzeau, décédé)… ». André Clavel évoque le niveau de l’équipe féminine version 2020-2021 (N3). « C’est un groupe ambitieux. On sent que les filles sont complices. Elles aiment jouer ensemble et adorent le hand. Je suis confiant pour leur saison… ». Et quand c’est « Dédé » qui le dit…

Ils en parlent…

Francis Perrier (actuel président) « André (Clavel) est d’abord un mec bien. C’et la mémoire du club. Je le connaissais au club. Il faisait des trucs. Mais, un jour, je l’ai croisé à la ligue. On a échangé. Je lui ai proposé de venir nous donner un coup de main. On était novices puisque l’on reprenait seulement la gestion du club. Il a dit que, finalement, on se débrouillait pas mal (sourire). Du coup, il est resté avec nous. Il a beaucoup d’idées. On est en totale complicité, il est de bons conseils… ».

Daniel Rigollet-Goussu (ancien président) : « André est un vrai dirigeant. Un très bon gestionnaire d’un club. Il a l’œil partout, tout en déléguant. Il est à l’écoute, jamais de conflits avec lui. C’est quelqu’un de consensuel… ».

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