• Lyes Baloul

Le boxeur Christian M'Billi évoque Camille Estephan, son nouveau promoteur canadien


Christian M’Billi (super-moyens) vient de changer de promoteur. Le boxeur professionnel montargois, ¼ de finaliste aux Jeux Olympiques de Rio (2016), a décidé de rallier la filiale québécoise « Eye of the Tiger », gérée par le très connu Camille Estephan. M’Billi avait signé un contrat de trois ans en faveur de la firme canadienne Yvon Michel. Le boxeur de 25 ans a préféré, fin 2019, ne pas renouveler son engagement avec GYM (Groupe Yvon Michel).

Seize victoires dont quinze avant la limite. C’est le bilan de Christian M’Billi depuis qu’il est devenu boxeur professionnel (2017). Sept de ces succès ont été décrochés sur le sol français. Celui qui a atterri à Montargis à l’âge de 11 ans, en provenance de Yaoundé (Cameroun), a fabuleusement grandi. Il joue désormais dans la cour des grands. « Il sait ce qu’il veut, où il va. Sa maturité est impressionnante… », admet Éric Godey, son ancien entraîneur à l’USM Montargis. Christian M’Billi est rentré en France le 3 septembre dernier. Depuis Pornic (Loire-Atlantique), où il se « ressource » auprès de ses parents, le jeune homme a accepté de se confesser. Interview.

Christian, vous avez retrouvé la France depuis quelques semaines. À quoi ressemble votre quotidien ?

Je me repose. Je suis chez mes parents. Je me lève le matin vers 8 heures. Je prends mon thé, un rituel (rire). Je m’entraîne à 11 heures. Je m’entretiens physiquement. En ce moment, j’accompagne mon père, je l’aide dans ses tâches. Je regarde la télé avec ma mère. On échange beaucoup. Puis, je vais voir les amis, ici, à Pornic. Donc, tout va bien (sourire).

Comment avez-vous digéré l’annulation de votre combat, le 29 août dernier, aux arènes du Cap d’Agde ?

Mal. J’aurais, bien évidemment, préféré boxer. Une préparation pour un combat génère des dépenses (nutrition, entraîneurs, médecins, etc…). Une préparation nécessite également un contrôle de son poids. Il faut rester prudent, suivre un régime intense. Le haut niveau exige des règles. Puis, je misais sur ce combat pour annoncer mon retour sur les rings. C’était la deuxième annulation de l’année à cause de l’épidémie. Ma déception est surtout liée à une raison purement sportive. Je ne boxe pas, je n’avance pas, au moment où d’autres boxeurs continuent de monter, gagner des points à l’échelle mondiale. Donc, oui, j’étais déçu, frustré. Mais je suis passé à autre chose.

Justement, vous venez de changer de promoteur en vous engageant en faveur d’un autre Canadien ; Camille Estephan. Pourquoi ?

Le contrat avec Yvon Michel était arrivé à son terme (3 ans). Il a fait de belles choses dans la gestion de ma carrière. Mais il y a eu des choix qui ne m’ont pas plu. J’ai donc décidé de ne pas renouveler. On ne regardait plus dans la même direction. Je voulais voir ailleurs, découvrir un autre entourage, une autre boxe. Mais la séparation s’est bien passée. Il n’y a aucun problème avec Yvon Michel. J’ai ensuite eu des touches venant des promoteurs américains. Mais les contacts ont été rompus car les conditions n’étaient pas réunies.

Dans quelles conditions vos contacts avec Camille Estephan ont-ils été établis ?

Mes coéquipiers au gymnase (Canada) ont favorisé mon choix. Ils avaient l’air satisfaits, épanouis d’appartenir à cette filiale. Ils m’ont dit le plus grand bien sur Camille Estephan. C’est un promoteur qui booste ses boxeurs. Il les aide à vite progresser. Il venait au gymnase pour voir ses boxeurs. C’est quelqu’un de très impliqué, en contacts permanents avec ses athlètes. On s’est dit « bonjour » à trois reprises. Puis, quand j’ai quitté Yvon Michel, on m’a fortement conseillé de le rejoindre. J’ai laissé passer le temps. J’y ai réfléchi. Je suis allé le voir... On a eu une entrevue à Montréal. On a déjeuné ensemble. Il m’a expliqué sa politique, sa vision. On parle le même langage. Derrière, j’ai parlé à mon entraîneur (Marc Ramsay). Ils s’entendent bien ensemble. J’ai donc signé un contrat de 3 ans renouvelable de 2 ans. Mon permis de travail au Canada a expiré. Je dois formuler une demande pour obtenir un visa.

Quel objectif avez-vous fixé avant la fin de l’année 2020 ?

Renouer avec la boxe (rire). L’épidémie a fait beaucoup de mal. L’objectif est de faire un combat de classement mondial. Le but est de gagner des points au niveau de la hiérarchie mondiale. Je veux encore prouver. Mentalement, je suis capable d’affronter un top 5 mondial. Ma force reste ma confiance. Je connais mon niveau.

En quoi consiste réellement le projet avec le promoteur Camille Estephan ?

J’ai senti, ces derniers mois, une certaine stagnation sur le niveau de mes adversaires. Au départ, on gagne, on est content. Puis, une forme de lassitude s’installe. Je voulais boxer des challengers plus lourds, supérieurs. Je suis fier de mon parcours (ndlr : 16 victoires). Je gagne souvent par KO. Maintenant, je veux montrer que je peux viser plus haut. Camille Estephan a compris mon souhait. Il a le potentiel pour me faire évoluer. Je disputerai au moins trois combats par an, dont un en France. Je ne veux pas me détacher de mon pays. Et le plus gros projet sera de gagner des points, avoir une coordination avec les résultats pour atteindre le top 5 mondial, chose qui me permettrait de viser, d’ici 3 ans, un championnat du monde. Et de le gagner, bien-sûr (sourire).

Christian M’Billi en visite à l’USMM en octobre 2019, avec Jonathan Djari, ancien coéquipier.

Et Montargis dans tout cela ?

(il soupire)… Que voulez-vous que je vous dise ! Montargis, c’est ma famille, ma vie. Cette ville m’a adopté. Elle m’a tout donné. L’USMM est mon club formateur, les bases et fondations de ma boxe. C’est le cœur qui parle. Les souvenirs sont encrés en moi. Les Montargois sont mes premiers supporters. J’ai le plaisir de revenir là où tout a commencé pour moi. Je n’oublie rien (ému).

Avez-vous justement pensé à un projet sportif, dans le futur ?

Bien-sûr ! Je veux redonner ce que l’on m’a donné. Je n’exclurai pas d’appartenir, participer ou mener un projet sportif solide, fiable, bien réfléchi, à Montargis. À voir. Si ma terre d’adoption m’appelle, je ne refuserai pas (sourire)...

Christian M’Billi à ses débuts à l’USMM Montargis. Il est arrivé à l’âge de 11 ans, à Montargis.

PUBLICITÉ