Dominique Delandre (élu aux sports à Montargis) : « Il faut que les sportifs retrouvent sérénité, espoir et plaisir… ». Revue des dossiers en cours.

03/09/2020

Dominique Delandre s’est sévèrement blessé le 17 août du côté de Narbonne, dans le massif des Corbières (Occitanie), où il se trouvait en vacances, lorsqu’il a perdu le contrôle de son vélo pour finir sa course dans le ravin. Résultat de l’accident : fracture de la clavicule, quatre côtes cassées et un poumon rétracté. L’élu aux sports de Montargis est resté six jours en réanimation. Aujourd’hui, celui qui a soufflé sa 60e bougie…depuis son lit d’hôpital (ndlr : le 23 août) semble retrouver progressivement sa forme olympique. « Je ne peux pas rester sans rien faire… », sourit-il. Dominique Delandre a accepté de répondre aux questions liées à la situation sportive montargoise. Pandémie, subventions, projets, réflexions, saison 2020-2021. Dominique Delandre déballe les gros dossiers. Interview. 

 

Vous venez de traverser une période compliquée suite à votre accident. Comment vous sentez-vous, à présent ? 

Je vais mieux. Les blessures se rétablissent tout doucement. Je suis en arrêt de travail (ndlr : il est médecin à Cosne-Cours-sur-Loire). Je reprends le 16 septembre. Sinon, tout va bien. Cette blessure fait parti du passé, même si j’avoue que j’ai cogité pendant cette période-là. C’est une fois de l’autre côté de la barrière que tu te rends compte que tu es comme tout le monde. Tu n’es plus médecin. L’accident est survenu alors que j’étais en forme, peut-être trop confiant. Je voulais retrouver ma forme de 40 ans (sourire). Oui, j’ai eu peur. Aujourd’hui, je relativise. Je suis un élu qui mouille le maillot (rire). 

 

La saison sportive 2020-2021 démarre progressivement. Dans quelles conditions abordez-vous cette reprise qui s’annonce à la fois compliquée et incertaine ? 

En effet, nous sommes dans l’expectative. Je suis inquiet, car il y a peu de visibilité sur la saison. Je suis inquiet pour la santé financière des clubs, pour la perte des bénévoles et des licenciés. C’est pour cette raison que la municipalité a décidé de réunir, le 10 septembre, toutes les associations sportives de Montargis. J'attends beaucoup de cette réunion. Ce sera une occasion pour faire un bilan global avec les clubs. Ils auront l’opportunité d’exposer leur état des lieux. J’ai bien étudié le dossier avec Boris (ndlr : Duchemin : directeur du service Jeunesse et sports, à la mairie de Montargis). 

 

Quelle est la finalité de cette réunion vis-à-vis des clubs sportifs ?

Nous allons rassurer les clubs quant à nos engagements. Ils seront respectés. Nous n’allons pas remettre en question les subventions allouées aux associations. La municipalité va essayer de mettre, au maximum, ses équipements à disposition des clubs. Cela se fera, par ailleurs, dans le respect des mesures liées à la pandémie. J’insiste sur un principe : il faut que les clubs retrouvent sérénité, espoir et plaisir… C’est important pour tout le monde. 

 

La municipalité a pris la décision de rouvrir les deux piscines de Montargis. Qu’en est-il du bilan de cette reprise du service ? 

Je viens de recevoir les chiffres. Malheureusement, la tendance n’est pas très réjouissante. La piscine du lac a perdu 50% de fréquentation, 70% à Girardy. Je pense que cette baisse est due à la peur. Franchement, il faut arrêter avec la psychose. 

 

Justement, la fête des associations prévue le 6 septembre a dû être annulée. Les clubs pourraient-ils en subir les conséquences ? 

Cette journée aurait permis aux associations de gagner en inscriptions, en visibilité. Cette annulation n’arrange malheureusement pas les affaires de nos clubs. Un manque à gagner. Cela renforce le climat de psychose. Personnellement, j’essaie de dédramatiser. Oui, il y a de nouveaux cas Covid-19, parce qu’il y a dépistage. Encore une fois,  je pense que le sport est une victime indirecte de cette pandémie. Pourtant, le sport est un bon moyen pour prévenir les maladies. On est en train de fragmenter la société et créer une société de défiance. Cette situation pourrait être catastrophique sur le plan économique de nos clubs. Le sport doit revenir à la surface. 

 

Les projets inscrits dans le programme de la municipalité seront-ils maintenus ? 

Bien évidemment. Les travaux ont démarré sur le terrain de football du stade Maurice-Béraud. On va également sécuriser la main courante (au niveau de la tribune). Nous avons aussi engagé des travaux des vestiaires du rugby au stade Champfleuri. La livraison interviendra prochainement. Nous pensons au club-house et à la piste de l’athlétisme qui devront arriver durant le mandat en cours. Nous avons eu la confirmation sur l’organisation des championnats de France UNSS en 2021. Puis, nous sommes en réflexion pour la réalisation d’un gymnase dédié à la section volley-ball et d’une grande salle de boxe, avec une proposition d’installation de deux rings. Cela pourrait se faire à l’endroit où se trouvent actuellement les deux installations (château). Nous allons discuter avec les utilisateurs avant de statuer. Ces projets se feront en fonction de nos moyens, bien entendu. Je tiens enfin à signaler que l’on devait organiser un forum sur le mécénat et les clubs sportifs. Cette initiative a été annulée en raison de la pandémie. Nous comptons proposer une nouvelle date. Rien n’est défini, pour l’instant. 

 

La mutualisation des moyens au niveau de l’agglo devient de plus en plus un besoin vital. Quel est votre point de vue sur la question ?

Je suis favorable à la mutualisation des moyens. Il existe une ambiguïté. Mutualiser ne veut pas dire faire disparaitre l’identité d’un club. Le but est de fédérer les forces pour disposer d’un club d’élite. Je pense au foot mais aussi à d’autres sports. Je pense que cette crise sanitaire pourrait être un élément déclencheur pour engager un rapprochement entre les clubs de l’agglo. Amilly, Châlette, Villemandeur, Montargis ou d’autre communes disposent d’un potentiel en termes d’infrastructures. On a des athlètes locaux connus à l’échelle nationale et internationale. Il faut en profiter. Encore une fois, ce n’est pas aux élus de s’ingérer dans les affaires des clubs. Nous sommes là pour stimuler. C’est aux sportifs de se manifester. Je pense qu’il existe des gens qui peuvent travailler ensemble. On est labellisé « Terres des Jeux ». Les villes de Montargis, Châlette, Amilly travaillent ensemble pour mener un projet en commun. D’autres communes sont les bienvenues. Il faut que l’on soit unis. Nous souhaitons accueillir une délégation étrangère lors des JO de 2024 (France). La concurrence est rude. Si on y va séparément, on est mort…

 

On parle de pourparlers entre vous et la ville de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) pour un éventuel partenariat sportif avec Montargis. Est-ce vrai ? 

Oui, je confirme. J’ai discuté avec le responsable des sports de cette ville. Nous sommes au stade de réflexion. Rien n’est acté. Le but serait de créer des échanges, des travaux, une forme de partenariat qui serait utile. Nous allons poursuivre les discussions…

 

La section water-polo de l’USM Montargis a vécu ces dernières années une situation un peu tendue avec la société Récréa, le gestionnaire de la piscine du lac. Le water-polo continuera-t-il d’exister cette année à Montargis ? 

Les créneaux attribués, l’année dernière, par la société Récréa à la section water-polo seront d’actualité cette saison. La municipalité souhaite que ce sport continue d’exister. Nous souhaitons, même, que les responsables de cette section mettent en place une école de water-polo. Nous les accompagnerons. Nous allons d’ailleurs les rencontrer prochainement pour faire un point général du club…

 

 

 

 

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