• Jean-Paul Billault

Entre Sully et St-Père-sur-Loire, un pont pour se rapprocher tout en douceur


C’est « LE » pont que beaucoup de personnes attendaient… depuis 4 ans. Il relie aujourd’hui Sully-sur-Loire à St-Père-sur-Loire en enjambant la Loire sur plus de 450 mètres et il est réservé aux piétons et aux cyclistes.

Priorité donc aux transports « doux » qui permettent de prendre son temps et de contempler un panorama inédit sur la Loire et le château de Sully, et surtout d’éviter le pont principal qui relie les deux communes (RD948) dont le trafic de véhicules et poids lourds est important. « C’était devenu une nécessité », explique Patrick Foulon, le maire de St-Père-sur-Loire. « Chaque année, c’est 30000 cyclistes qui traversent la Loire et le risque d’accident est élevé, surtout avec la montée en puissance du tourisme avec La Loire à vélo ».

Patrick Foulon, maire de St-Père-sur-Loire

Les travaux ont duré un peu plus d’un an, d’avril 2019 à mai 2020. Le coût total de l’opération s’élève à 2,2 M€, dont 1,45 M€ de la part du Département. Les travaux ont consisté à mené des travaux d’adaptation de l’ancien viaduc ferroviaire qui n’était plus utilisé. Mais le début du projet date d’il y a quatre ans. « À l’époque, explique Patrick Foulon, nous avions eu l’idée de réhabiliter ce pont et nous avons travaillé de concert avec le maire de Sully, Jean-Luc Riglet, pour demander à la SNCF de nous laisser utiliser le pont. Mais à nos demandes, aucune réponse ! Alors on a fait une manifestation avec un grand nombre d’habitants, les sénateurs ont interpellé la SNCF, et finalement nous avons obtenu le feu vert. Tout le monde peut-être fier ! C’est une victoire d’équipe au service de l’intérêt général ».

Pendant un an le vieux pont « style Eiffel » s’est peu à peu transformé : dépose des rails et des traverses, mise en place d’un platelage bois de 4 m de large adapté PMR (personnes à mobilité réduite) sur l’ensemble de l’ouvrage, pose des garde-corps et mise en place de l’éclairage led basse tension pour sécuriser l’endroit la nuit. Des rampes d’accès adaptées PMR ont également été installées de part et d’autres de l’ouvrage, ainsi que des nichoirs à chauve-souris sur la partie inférieure du viaduc.

Fin mai, à peine terminé, le pont a été ouvert au public, quelques jours avant son inauguration prévue le 9 juin. Et sous un soleil d’été, la foule s’est pressée pour voir la réalisation mais surtout découvrir une vue inédite sur la Loire tout en bénéficiant d’une petite brise rafraichissante, bienvenue par 30°. « J’étais surpris de voir tant de monde », explique Patrick Foulon, « mais tout s’est bien passé entre vélos et piétons qui doivent cohabiter sur la passerelle et qui cherchent encore leurs marques. » Car il y a effectivement une chose surprenante sur ce pont et qui donne une grande sensation de liberté : il n’y a pas de panneaux, ni de couloirs de circulation qui serait réservée soit aux piétons, soit aux cyclistes. « Tout le monde va apprendre à vivre ensemble en faisant attention aux autres, on en appelle au civisme », conclut Patrick Foulon.

DU HAUT DE CE PONT 482 ANS VOUS CONTEMPLENT ET PRENNENT L’AIR !

C’était leur sortie du week-end après un long confinement. Certains viennent de Tigy, d’autres de Saint-Père-sur-Loire et ils se sont rencontrés sur le pont. Les séniors étaient de sortie ! De gauche à droite : Marie-Jeanne (87 ans), Michel (85 ans), Claudette et Jean-Claude (tous les deux 73 ans), Odette (84 ans) et Michel (80 ans). « On voulait voir le pont », explique Jean-Claude, « c’est une bonne occasion de sortir au grand air, en toute sécurité ». « Maintenant on attend la réouverture des guinguettes, quand ça sera possible » disent Odette et Michel. « Oui mais pour les restos on va attendre après le 22 juin, il faut voir comment ça évolue », juge Jean-Claude, prudent. « Jusque là on va faire cantine à la maison ! C’est pas mal non plus… »