Coronavirus : Quelles conséquences économiques pour les « petits » clubs gâtinais ?


La crise sanitaire va-t-elle laisser des séquelles au sein des petits clubs ? Ces structures aux moyens très limités vont-elles pouvoir supporter les conséquences financières au sortir de cette pandémie ? De Cepoy, à Pannes, en passant par Paucourt, Châtillon-Coligny, Lorris et Nogent-sur-Vernisson, les acteurs footballistiques gâtinais ne cachent pas leurs inquiétudes. (Photo US Lorris)


René Grandjean en est convaincu. « Je pense que cette crise sanitaire ne se terminera pas sans laisser des ravages financiers au niveau des petits clubs. J’appréhende une baisse de licenciés », explique le président de l’US Cepoy/Corquilleroy. Et de déplorer : « Notre club accusera un manque à gagner d’environ 7.000 euros. Pour un petit club comme le nôtre, c’est énorme ! Ce sera très compliqué de rattraper notre retard financier… ». Parce que les recettes du club cepoyen reposent notamment sur les bénéfices générés lors des cinq tournois organisés chaque année. Les deux subventions municipales émanant respectivement de Cepoy et Corquilleroy (fusion) avoisinent les 4.500 euros. Le budget de fonctionnement de cette structure de 180 licenciés s’élève à 12.000 euros. « Nous avons quelques sponsors qui participent financièrement à nos manifestations. Vont-ils pouvoir nous suivre l’année prochaine ? J’avoue que l’on est totalement dans le flou…Et je crains que ce déconfinement se passe mal et que l’on replongera dans le confinement… », appuie René Grandjean, 54 ans, au club de Cepoy depuis vingt ans. Le premier responsable de l’US Cepoy/Corquilleroy précise, par ailleurs. « Il y a des gamins (U7, U9) qui ont payé leurs cotisations, en mars dernier, pour des matches et plateaux. C’est embêtant pour nous et pour leurs parents. Je m’engage à une baisse des prix des licences, l’année prochaines (U7, U9). Malheureusement, nous ne pouvons pas effecteur des remboursements sur cette année… », explique celui qui a décidé de rester à la présidence du club cepoyen. « Pour maintenir la stabilité… », dit-il.


Même son de cloche pour tous les clubs…


L’inquiétude est aujourd’hui réelle et grandissante chez les responsables des clubs de football gâtinais. « Oui, je ne suis pas rassurée. Dans quelles conditions allons-nous reprendre ? Les sponsors pourront-ils nous aider ? », s’interroge Virginie Miguet, la présidente du FC Pannes. « Nous sommes dans l’expectative, même si cette période sans matches nous a permis d’éviter des frais liés aux cartons et à l’arbitrage. Mais c’est tout de même incertain sur le plan financier… », souligne Ismaël Pagnault, membre au bureau au FC Pannes (ancien président). La subvention municipale de ce club s’élève à 3.000 euros. 217, c’est le nombre de licenciés du côté de Pannes. Cette structure est épaulée par quelques sponsors. « Nos tournois ont dû être annulés. Cela provoque, bien entendu, une perte financière. Je pense que l’on n’est pas les seuls à être dans cette situation… »,regrette Virginie Miguet. Le FC Pannes compte 2 équipes seniors (D3, D4) et plusieurs formations jeunes. « On va essayer de faire attention à notre budget. On a des mordus et acharnés du football. Et c’est pour cette raison que je préfère entretenir l’espoir que les choses finiront par s’arranger… », sourit Virginie Miguet. Du côté du club de Paucourt, Alain Guillot, le président, ne veut pas céder à la panique. « Il y aura une perte financière, j’en suis certain. Mais l’on se débrouillera pour s’en sortir… », promet l’homme de 64 ans, au club de Paucourt depuis 25 ans (président depuis 5 ans). La subvention municipale est de 1.200 euros. Le département participe à hauteur de 300 euros. Le budget annuel est estimé à 5.000 euros. Ce club de Paucourt ne dispose que d’une équipe seniors (pas de catégories jeunes).


Au FC du Loing, club né d’une fusion réunissant les clubs de Châtillon-Coligny, Montcresson et La Chapelle-sur-Aveyron, le club bénéficie d’une subvention estimée entre 3.000 à 4.000 euros. Les quatre sponsors dont dispose le FC du Loing auront-ils les épaules assez larges pour apporter leur pierre à l’édifice, la saison prochaine ? En tous cas, pour Claude Bouquelloen, le président du club de La Fraternelle Nogentaise, 68 ans, la tendance vire plutôt au rouge. « Je sais que le club va perdre de l’argent l’année prochaine. Il y a des sponsors qui m’ont annoncé leur décision de réduire leur participation financière… », témoigne celui qui vient d’achever sa première année à la tête du club de Nogent-sur-Vernisson (au club depuis 25 ans). Cette structure de 102 licenciés est gérée grâce à un budget annuel de 18.000 euros. La subvention municipale est évaluée à 8.000 euros. « Je pense que ça va être le système de la débrouille, la saison prochaine… », conclut Claude Bouquelloen. Enfin, à l’US Lorris, club de 300 licenciés, dont le budget annuel est de 50.000 euros, la trésorerie va perdre un prévisionnel de… 9.000 euros cette année. « C’est dû à l’annulation de nos tournois, randonnées et lotos… », éclaire Christophe Joly, le président depuis 2016. La subvention municipale s’élève annuellement à 7.000 euros. La rétrogradation de l’équipe seniors en D4 départementale complique davantage les choses. « Je crains que cette descente provoque des conséquences financières pour nous… », relève Christophe Joly, président qui place l’exercice 2020-2021 sous le signe de… « l’incertitude et de la transition… ».


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