• Lyes Baloul

Coronavirus : Charles Fournier, un Montargois en Chine, le témoignage !


Charles Fournier est un Montargois qui réside en Chine. Où il travaille pour une société spécialisée dans la production automobile. L’homme de 40 ans, contacté ce mardi 30 mars, détaille sa vie au quotidien durant cette crise sanitaire. Lucide, explicite, ce père de trois enfants livre un témoignage poignant. Extrait.


« Ici, la vie reprend tout doucement son cours… ». C’est la première déclaration de Charles Fournier. Le Montargois vit avec sa petite famille en Chine. « J’ai fait un premier passage entre 2007-2010. Puis, j’ai résidé pendant cinq ans au Japon. Et je suis revenu en Chine en 2015. Je m’y plais… », assure-t-il.


Janvier 2020, le début d’une épidémie « tueuse »


Wuhan, ville de plus de 11 millions habitants, située au cœur de la Chine, s’est transformée, fin décembre 2019, en épicentre d’une épidémie, appelée Covid-19. Charles Fournier et sa famille résident à plus de 1700 kilomètres de là. À Dalian, dans la province de Liaoning. « J’ai appris l’existence de cette maladie grâce à un article de presse, fin janvier. On était en pleine préparation pour le nouvel an chinois… », raconte-t-il. Les choses allaient vite s’accélérer. Ironie du sort : Charles Fournier avait prévu de rendre visite à sa belle-famille se trouvant près de la province du Hubei, région extrêmement impactée par le coronavirus. Allait-il tout de même prendre le risque d’y aller ? Affirmatif !


La peur au ventre, les interrogations…


23 janvier 2020. La famille Fournier se trouvait à bord d’un bateau. Destination : la belle-famille. « J’avoue que l’on était dans l’inconnu. On savait que le risque existait… », explique Charles. Une fois débarqué, en compagnie de sa famille, le Montargois découvrait une réalité troublante. « En sortant du bateau, on a appris que la région était confinée. On est arrivé chez la belle-famille le 25 janvier… ». Les Fournier devaient seulement séjourner quelques jours dans cette région, frappée par ce virus mortel. Mais les choses n’allaient pas se passer comme prévu.


« On était six enfants et cinq adultes dans un F3… »


Fin janvier 2020, Wuhan comptait déjà ses morts (60 à 80 par jour). « La région était déserte, morte. En arrivant chez ma belle famille, c’était l’appréhension. Le flou total. On était confiné dans un appartement de trois pièces. Il y avait six enfants et cinq adultes… », glisse lucidement Charles Fournier. Les Fournier se sont littéralement jetés dans la gueule du loup. « On apprenait au quotidien les décès liés à cette épidémie. Puis, les règles du confinement se durcissaient sans cesse. Oui, c’était très sérieux… », témoigne-t-il.


« On a quitté l’appartement le 5 février… »


« On a difficilement quitté l’appartement le 5 février. À ce moment-là, seule une personne par foyer avait le droit d’aller faire les courses… », souligne-t-il. Et d’éclairer : « On a pris un camping-car. Je me suis tapé 1700 kilomètres. Le voyage retour était extrêmement contrôlé. Il y avait des checkpoints sur l’autoroute. On arrêtait les voitures pour prendre la température des personnes. La situation devenait sérieusement inquiétante ». En regagnant Dalian, sa ville, il découvre une ville à l’arrêt. « Il y avait très peu de voitures, mais pas trop de restrictions sur les déplacements. Puis, les gens finissaient par se rendre compte de la gravité de la situation… ». Sa région a finalement été très peu touchée par le coronavirus.


Charles Fournier mis en quarantaine…


Charles Fournier devait reprendre le travail le 10 février. « Mais comme je revenais d’une région touchée par ce virus, j’ai été mis en quarantaine… ». Sa reprise professionnelle a finalement sonné le 21 février. Avec à la clé des mesures drastiques. « Notre société a eu l’autorisation de reprendre le travail. Mais les règles étaient strictes : port de masque, contrôle de température, désinfection des lieux tous les jours… Ces restrictions ont été ensuite renforcées. On doit subir, actuellement, deux contrôles de températures, par exemple… », appuie-t-il.


Un retour à la normale progressif…


La Chine déplore aujourd’hui (officiellement) 3 311 décès liés au coronavirus dont 2 547 à Wuhan. « À Dalian, la vie commence à reprendre. Les bars et restaurants viennent de rouvrir. Les écoles sont toutefois fermées. Les cours sont donnés à la maison. On reçoit périodiquement les infos de l’ambassade de France. C’est utile… ». Que retient-il de cette crise sanitaire ? « Je suis content de la gestion de cette épidémie par les autorités chinoises. J’ai par contre peur pour ma famille en France. J’essaie de prendre des nouvelles. Le confinement est vraiment nécessaire… », conclut le Montargois Charles Fournier.