• Jean-Paul Billault

Plantation de plus d'un kilomètre de haies dans le Gâtinais

Mis à jour : févr. 16


L’Histoire est un éternel recommencement. C’est une expression qui trouve ici un vrai sens.


Nous sommes à Cortrat, sur les terres d’Olivier Chaloche, exploitant agricole bio. Dans cette plaine, il n’y pas si longtemps, il y avait des haies et des pommiers. Mais le remembrement des années 70 leur a été fatal.

« Mon père a arraché 800 pommiers ici », explique Olivier Chaloche, « et les arbres ont été coupés, car il fallait faire de la place pour permettre aux machines agricoles de passer. À l’époque on ne se posait pas trop de questions… Et nous voilà 50 ans plus tard au même endroit à replanter, parce ce qu’aujourd’hui, des questions, on s’en pose… »

« Il faut rétablir un système global de biodiversité », explique Olivier Chaloche. Les haies, c’est un refuge pour permettre aux insectes et oiseaux qui protègent nos cultures des ravageurs de passer l’hiver et de se reproduire. C’est aussi le lieu où les abeilles vont pouvoir peut-être s’installer. Il y a plus de 1000 espèces d’abeilles sauvages. Leur recréer un habitat, c’est s’assurer que la pollinisation continuera de se faire ».

Le projet de replantation est une opération à 8000 euros, pour ne compter que l’achat des végétaux, car la main d’oeuvre est… gratuite. Les nombreux amis de l’Amap de Cortrat ainsi que des étudiants sont venus prêter main forte. La future haie est longue de 1100 mètres, large de deux mètres, et de chaque côté il y aura une bande enherbée de 3 mètres de large. Olivier Chaloche prévoit d’y semer du sainfoin, de la luzerne, un peu de graminée, de quoi satisfaire les futurs habitants des lieux : les insectes pollinisateurs, les oiseaux et le petit gibier.

« Ce qui est intéressant dans ce projet, explique Olivier Chaloche, c’est que ce n’est pas seulement moi, l’agriculteur bio, qui veut replanter des haies, il y a aussi les chasseurs. » Le projet est en effet financé en partie par la fédération de chasse du Loiret. L’objectif : favoriser la réimplantation de la petite faune, perdrix et faisans qui a presque disparu dans certains endroits.

« Planter une haie, c’est faire un pari que la vie va revenir. Une première haie a été replantée il y a vingt ans sur 400 mètres. Aujourd’hui c’est là que les perdrix se reproduisent.

Plus de vingt espèces de végétaux ont été plantés, dont des buis, des « épines noires, des noisetiers, des églantiers , des merisiers et aussi… des pommiers.