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Arbitre de football, la peur au ventre

11/02/2020

Le phénomène prend de l’ampleur. Les arbitres de football du Loiret subissent des agressions verbales et physiques. Le 15 décembre dernier, Hakan Kara (notre photo), le coach de l’équipe réserve du FC Mandorais, arbitre de touche ce jour-là, a reçu un coup de boule en plein visage lors de la rencontre en D3 opposant l’US Ousson au club de Villemandeur, en championnat de D4 départementale. L’entraîneur du FCM a été contraint à 4 jours d’arrêt (ITT). Il a subi un traumatisme nasal et déposé une plainte auprès de la police de Montargis.  

 

Le 2 février, c’est Yann Cnaepelnickx, l’arbitre du CA Pithiviers, qui s’est fait agresser par un joueur en plein match Sermaises – Boynes, en D4 du district du Loiret (lire article ci-contre). La question que pose désormais le corps arbitral : « Où va-t-on ? », s’interroge Christophe Lefèvre, l’arbitre de l’ES Gâtinaise.

Lui, il a vécu la violence via les réseaux sociaux. « On m’a menacé sur facebook en novembre, deux jours après avoir arbitré le match Nogent-sur-Vernisson – Saint-Benoît… », informe-t-il. L’homme de 39 ans, père de trois enfants, ne s’est pas arrêté en si bon chemin. « Je suis retourné sur les terrains mais avec une petite appréhension. Je ne veux pas passer mon temps à avoir peur sur les terrains… ». Comme lui, ils sont nombreux à subir des menaces, injures, mauvais gestes, paroles offensantes et autres faits malsains sur les terrains de football. 

Hakan Kara, le district et l’incompréhension 

 

La commission de discipline du district du Loiret a statué sur l’affaire concernant l’agression de Hakan Kara. Verdict : le club de l’US Ousson a écopé de 300 euros d’amende et d’un retrait de trois par sursis. Cette décision a du mal à passer auprès du monde de football local, la jugeant de « lamentable… », balance les dirigeants du club de Villemandeur. « Si l’instance ne donne pas d’exemple, qui le fera à sa place ? », appuie Thierry Lippert, le président du FC Mandorais. « Hakan Kara est intervenu sur ce match en qualité d’arbitre bénévole et… officiel, selon les textes du district. La sanction est trop légère… », ajoute Taner Kara, le responsable de l’école de football à Villemandeur. Lequel précise : « comment voulez-vous que l’on apprenne à aimer le métier d’arbitre à nos petits. Eux aussi, ils se rendent compte de la violence. Ils jugent que les décisions de sanctions ne sont pas à la hauteur. Donc, ils ne seront jamais attirés par la passion d’arbitrer un match… ». Même sentiment chez Frédéric Bernaudin, licencié au FC Mandorais, ancien arbitre, départemental. « C’est compliqué de faire baisser les tensions sur les terrains. L’esprit de la compétition dépasse le plaisir pour la passion. C’est dommage ! », réagit-il.

 

À qui la faute ? 

 

Le district du Loiret va-t-il changer son fusil d’épaule et opter désormais pour la fermeté afin éradiquer ce fléau de ses terrains ? « Il faut se montrer extrême, zéro tolérance… », pense Hakan Kara. Pour Patrice Avezard, l’arbitre de l’US Châlette, « c’est choquant d’assister à toute cette violence. On ne peut que condamner… ». Et d’enchaîner : « quand on voit un joueur bousculer un arbitre chez les pros, je me dis : quel exemple donne-t-on aux jeunes ? Stop ! », clame Patrice Avezard. Ce dernier a, lui aussi, été victime d’insultes, il y a deux saisons, sur le terrain de Dampierre, après avoir expulsé un joueur. « Plus on descend de niveau, plus la difficulté d’arbitrer est plus grande. On essaie d’être diplomate, mais parfois ça ne fonctionne pas. Il faudra se montrer plus sévère… », conclut-il. 

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