D4 du Loiret : l’arbitre Yann Cnaepelnickx raconte son agression

04/02/2020

Yann Cnaepelnickx est un homme « abattu ». L’homme de 51 ans a vécu « l’enfer », dimanche 2 février, sur le terrain de Sermaises lorsque la formation locale recevait l’ASL Boynes, en championnat de D4 départementale. Cet arbitre central, affilié au club du CA Pithiviers, a été la cible d’une agression physique émanant d’un joueur de l’équipe de Sermaises. Le match a été arrêté à la 87e minute de jeu. « C’était l’apocalypse… », témoigne-t-il. Extrait.

 

Ce dimanche 2 février, Yann Cnaepelnickx ne risque pas de l’oublier. Cet arbitre départemental, père de 5 enfants, s’est retrouvé, l’espace de plusieurs heures, l’objet « d’insultes, menaces et… agressions verbales et physiques », murmure-t-il. Le sociétaire du CA Pithiviers a dû arrêter le match qui opposait Sermaises à Boynes, en D4 du Loiret. Parce que l’on jouait la 88e minute lorsque, soudainement, un joueur de Semaises assène un coup de poing à Yann Cnaepelnickx. Ce dernier est atteint au niveau de la tempe et du visage. « J’ai saigné du nez. J’ai été sonné, mais je ne suis pas tombé. J’étais bien sur mes appuis…», raconte-t-il. Mais comment en est-on arrivé là ? 

 

« Un match extrêmement tendu… »

 

Lors de cette confrontation, les esprits allaient vite s’échauffer. « J’ai été insulté durant la première mi-temps. J’avais constaté que les deux équipes affichaient une certaine agressivité dans le jeu. J’ai sifflé la fin de la première mi-temps à la 46e minute. Là, j’ai appelé les deux capitaines pour leur demander de calmer leurs coéquipiers respectifs. Les deux joueurs m’ont donné leur accord… », souligne Yann Cnaepelnickx. Mais à la reprise, l’arbitre central constate un autre scenario. « Les joueurs de Boynes se sont calmés, leur comportement a changé, contrairement aux joueurs de Sermaises qui faisaient dans la provocation (ndlr : score ; 1-0 pour Boynes)… », souligne-t-il. À la 86e minute, quatre cartons jaunes ont déjà été distribués, trois pour Sermaises et un pour Boynes. Une minute plus tard, Sermaises menait une attaque offensive et Yann Cnaepelnickx sifflait un hors jeu. « J’étais bien placé pour voir l’action. J’ai maintenu ma position. Puis, au moment où j’étais en train de discuter avec le capitaine de Sermaises, un joueur de cette équipe m’a frappé au visage. Je ne comprenais pas grand-chose. C’était délirant. On se demande : mais que se passe-t-il ? ». 

 

« Je me suis senti démuni… »

 

« Ce même joueur est revenu à la charge, puis il a été arrêté par ses coéquipiers. Je me suis senti démuni. Heureusement qu’il y avait quelques joueurs des deux équipes qui avaient la bonne intention de me protéger… », confie Yann Cnaepelnickx, reconnaissant. Mais l'arbitre persiste et signe : « J’ai entendu des menaces de morts venant de certains supporters. On voulait me lyncher, ils disaient qu’ils m’attendaient en dehors du stade. Heureusement qu’ils n’ont pas envahi le terrain. C’était d’une rare violence, un apocalypse. Je me suis réfugié vers le banc de touche. On m’a ensuite accompagné jusqu’au vestiaire. J’y suis resté une heure et demi… », éclaire-t-il. L’arbitre de Pithiviers dit avoir eu « la peur de ma vie… ». Il finit par regagner son véhicule se trouvant… à 100 mètres du stade. « Je n’étais pas rassuré quand j’ai quitté le vestiaire. Une fois dans la voiture, une fois la pression retombée, j’ai craqué. Je suis tombé en pleurs. J’ai pensé à mes enfants, à ma famille ». 

 

4 jours d’ITT, blessure au visage, vertiges…

 

Yann Cnaepelnickx est contraint à un arrêt de travail de 4 jours. L’arbitre pithivérien souffre d’une blessure au niveau du visage et des vertiges l’obligent de passer un scanner. « Avec le recul, je revois les images dans ma tête. Je me pose des questions. Pourquoi toute cette violence pour un match de football ? On peut contester une décision. Mais pas de cette manière. Je suis quelqu’un qui aime discuter. Je le fais avec les joueurs et les dirigeants », s’exclame-t-il. Ce dernier le répète : « Le plus dur n’est pas le coup physique, mais plutôt la retombée psychologique. Pourtant, je suis costaud. Je ne suis pas impressionnable. Mais là, j’avoue que je me suis fais dépasser par les événements… ». 

 

« On peut me retirer la fierté, mais pas la passion… »

 

Yann Cnaepelnickx l’annonce : « Je vais prendre un peu de recul. Mais je serai toujours là. On peut me retirer la fierté mais pas la passion… ». L’homme de 51 ans est également arbitre de futsal. Aujourd’hui, « le doute » et « l’incompréhension » rodent autour de ce manager de profession. « C’est grâce à mon fils que je suis revenu dans le foot… ». Ironie du sort : le premier match de Yann Cnaepelnickx en qualité d’arbitre remonte au mois de janvier 2019. C'était une belle journée avec le football. Et c’était sur le terrain de Sermaises. Un an plus tard, le Pithivérien y retourne. Pour finir… en larmes.

 

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