Georges Carillo, le chasseur d'ombres en pleine lumière

12/12/2019

Georges Carillo a 58 ans et il habite depuis quelques années dans un (très) petit hameau isolé de Châtillon-Coligny. Depuis six ans il a entrepris un travail personnel, artistique, très graphique. Photographe animalier, son travail a été remarqué il y a trois ans par les responsables du domaine du château de Chambord qui lui ont alors proposé d’être le premier photographe, après des écrivains ou des musiciens, « en résidence ». En clair un accès pendant un an au domaine qui entoure le château où de nombreux animaux vivent bien cachés. Un rêve pour ce photographe, un « chasseur d’ombres » qui peut rester quelquefois des heures à l’affût sans bouger en attendant le passage d’un animal. À travers des expositions et un livre, Georges Carillo passe aujourd’hui de l’ombre à la lumière. Rencontre.

 

Vous photographiez en couleur mais vos oeuvres sont en noir et blanc, dans un style très graphique. Pourquoi ce choix artistique ?

Quand j’ai commencé à être photographe à 18 ans je tirais aussi mes épreuves noir et blanc et je suis resté très sensible à cette manière de voir, en pouvant jouer sur le traitement de l’image. Aujourd’hui je travaille en numérique mais je fais ensuite un travail avec les logiciels de traitement d’images pour obtenir ce que l’on faisait avant dans un labo, en choisissant le contraste qu’on voulait donner à l’épreuve finale. Il m’arrive parfois de « dégrader » l’image pour obtenir le grain qu’avait certaines pellicules.

(Photographie : Georges Carillo)

 

Vous passez beaucoup de moment seul en pleine nature, vous êtes un « grand solitaire "?

Lorsqu’on reste à l’affût pendant cinq heures, sans bouger, sur un espace d’un mètre carré, on a l’obligation de développer une vie intérieure (sourire). Mais quand je reviens, j’adore partager ces moments avec mon public en exposant mes oeuvres.

 

Quelles sont vos relations avec les animaux que vous photographiez ?

Pour faire une bonne photo il faut des circonstances et être deux : l’animal et moi. Je considère que c’est une sorte de partenariat. Il y a aussi une démarche de prédateur, car on s’approprie un moment de l’animal. Il m’est arrivé parfois d’être immobile pendant des heures et de voir arriver de grands animaux qui passe à quatre mètres de moi sans remarquer ma présence. Et comme ils sont trop près pour que je puisse les photographier avec mon télé-objectif, je les regarde passer… Mais je ne suis jamais frustré, car l’observation est toujours là et me permet de poursuivre ma quête : la connexion à la nature, l’étonnement et l’émerveillement.

 

Vous vendez les tirages de vos photographies en nombre limité, pourquoi ?

Je considère que ces oeuvres, souvent en grand format, sont des oeuvres d’art à part entière et je ne vends que des tirages originaux en série limitée. Pas plus de 5 à 10 exemplaires pour chaque photo selon le format. Le livre qui est sorti est édité à compte d’auteur et j’ai ainsi pu tout maîtriser. C’est important pour moi. Tout travail artistique cherche à laisser une trace, et c’est à l’artiste de savoir comment y parvenir.

 

Désormais on voit aussi vos photographies sur des assiettes qui sortent de la faïencerie de Gien. C’est plutôt original et inattendu…

Effectivement, et c’est un heureux concours de circonstance qui a permis cette réalisation. Lorsque j’avais exposé au musée de la chasse à Gien les responsables de la faïencerie de Gien avait remarqué mon travail. Et un peu plus tard ces même responsables devaient discuter avec la direction de Chambord pour créer un nouveau service pour mettre en valeur le lieu. Quand ils sont arrivés en réunion pour décider, ils avaient tous la même idée : utiliser mes photographies pour créer cette nouvelle vaisselle. Lorsqu’ils m’ont prévenu de leurs intentions, j’étais plutôt fier…

 

Quel est votre meilleur souvenir de chasseur d’ombres ?

Sans hésiter le jour où j’ai pu photographier un cerf au tout début du brame, lorsqu’il commence à ne plus comprendre ce qui lui arrive… C’était à Chambord. Je me suis retrouvé à quarante mètres de lui et j’ai pu l’observer et le photographier pendant une heure et demie. La brume se levait, c’était incroyable. Et puis c’était aussi un soulagement pour moi car je commençais alors la résidence à Chambord et en quelques jours j’avais déjà fait des photos exceptionnelles.

 

Quelle est la photo que vous préférez ?

La prochaine ! Je suis toujours en quête et en progression, je ne m’en lasse pas !

 

Plus d'infos : www.georgescarillo.com

www.gien.com/fr/faiencerie/georgescarillo/

et

Facebook : Chasseur d'Ombres

 

 

 

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