NOCTURNES DE FERRIÈRES : LE CAMP DE SOLDATS, OU L’ART ET LA MANIÈRE DE SAVOIR MANIER L’ÉPÉE


Adrien De Jiacomoni a 21 ans et il habite Villemandeur. Il est étudiant en droit à Orléans. L’année dernière il a été bénévole dans l’équipe de sécurité des nocturnes. Cette année il a décidé de rallier l’équipe du « camps de soldats » qui anime les soirées en se bagarrant et en s’injuriant avec des insultes médiévales choisies et fleuries, ce qui fait beaucoup rire les spectateurs. Adrien a déjà fait de l’escrime artistique au Cercle Pasteur à Montargis. Le maniement des épées il connaît, et pour la comédie il n’est pas mauvais...

Les bénévoles qui jouent dans le camps de soldats n’ont pas vraiment le droit d’improviser. Tous les combats doivent être réglés au préalable durant l’entrainement. Et si pendant le spectacle tout à l’air naturel, les coups comme les injures ont été minutieusement travaillés plusieurs semaines auparavant. Elana, 20 ans, et Quentin, 24 ans, combattent ensemble. Mais avant de revêtir l’habit de lumière, il y a du boulot !

Martine a commencé les spectacles il y a 24 ans. Et elle a pratiquement tout fait : les statues vivantes, les sorcières… Mais depuis 7 ans elle est devenue un pilier de l’équipe du camps de soldats. Son nom de scène : Dame Pétronille. C’est elle qui mène les entraînements lorsque le maître d’armes est absent. D’abord un petit échauffement, ensuite le travail par groupe de deux pour « écrire le combat ». Les deux combattants répètent les gestes, valident les enchaînements, et ensuite prennent une feuille et un crayon pour noter leur chorégraphie. D’un entraînement à l’autre il vont construire un combat qui durera au final trois ou quatre minutes. Pour les injures proférées par les deux combattants, pas de problème : les bénévoles disposent de cahier bien remplis au fil du temps et ils ont l’embarras du choix… Dame Pétronille a de l’expérience et n’est pas avare de conseils directs : « Ok, pour ceux qui savent maintenant tirer les cheveux sans faire mal, soyez attentifs pour les claques à la fin du mouvement, si vous êtes en retard vous vous en prenez une ! ». Magali a 39 ans. C’est la fille de Martine et avec son amie Christel elle répète une « bagarre de gourgandine ». Dans les cahiers elle trouvent tout ce qu’elles cherchent : des insultes bien senties comme « tu es comme une truie dans l’étable » ou encore « sale gourdasse ! ». Martine regarde le petit groupe finir l’entraînement : « ici, avec les bénévoles des nocturnes, c’est une grande famille qui se retrouve chaque année, et on s’amuse bien ».

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