• Lyes Baloul

WILLIAM BENEZIT : « LE SPORT M’A SAUVÉ »


William Benezit a été nommé meilleur espoir de la saison en Proligue aux trophées LNH. Le jeune homme de 22 ans a été formé aux J3 Amilly. Il évolue depuis 5 ans à Chartres où il vient de décrocher la montée en Starligue.

William Benezit a rendu visite, samedi 25 mai, à ses anciens dirigeants aux J3 Amilly, son club formateur. Le jeune homme de 22 ans, 1,88m pour 72 kg, vient d'être sacré champion de France de Proligue (D2) synonyme de montée en Starligue, l'élite nationale, sous le maillot du C' Chartres Métropole Handball (CMHB28). Émotions.

Plongé dans ses pensées. Un regard vers Thierry Blondeau. Un autre sur Kamel Messibah. Le premier, il l'appelle "papa". Le second, "coach". William Benezit est de retour à la maison. Un an et demi plus tard. "Ça fait beaucoup, j'en suis conscient. Mais, j'ai un calendrier de fou", dit-il. Presque désolé. Presque gêné. "Un plaisir d'être ici...", jure-t-il. Ici, c'est au gymnase de Ladoumègue, à Amilly. "Je préfère l'ancienne salle. Elle était plus vivante", sourit-il. Karim Chaabi, son ancien coéquipier à Amilly, parle de son "pote" : "On voyait déjà beaucoup de talent chez lui. C'est, avant tout, un joyeux". Neuf ans ont passé. Tout a changé. Sauf... William Benezit. Ou presque. Parce que si son sourire et sa joie de vie sont restés intacts, sa vie sportive, elle, s'est littéralement métamorphosée. Une incroyable ascension ! "Je ne suis pas un héros", clame-t-il. Toujours avec la même simplicité. La même spontanéité. William Benezit, l'ailier du C' Chartres Métropole Handball (CMHB28), évoluera en Starligue, la saison prochaine. Le plus haut niveau du handball français. L'un des meilleurs championnats au monde. "C'est une fierté « ,dit-il, la médaille de champion de France de D2 autour du cou. En toute modestie. Mais, en fait, comment en est-il arrivé là ?

Destiné à faire du basket-ball, il se retrouve au handball...

Un jour, William Benezit, 13 ans, franchit la porte du gymnase Ladoumègue. Le jeune amollis rêve, alors, de devenir... basketteur. Sa taille plaide pour lui. Sa souplesse, aussi. Mais un homme va bientôt bousculer les choses. Kamel Messibah. L'entraîneur de la section handball aux J3 Amilly. "J'ai vu en lui un potentiel joueur de handball. Je le voyais faire du basket. J'espérais le voir au handball. Il avait une superbe détente. J'ai réussi à le convaincre", se souvient Kamel Messibah. Au revoir le basket-ball, cap sur le handball. La route est désormais tracée.

Deux ans de formation amilloise et déjà des convoitises…

Vite, William progresse. Il monte en puissance. "Sa vitesse était déjà phénoménale. Il a été repéré par plusieurs clubs", appuie Yves Jomat, le président des J3 Amilly. "Quand on a été jouer à Chartres, l'ancien entraîneur professionnel (ndlr; Benoît Guillaume) voulais l’avoir", détaille Kamel Messibah, son premier coach. William rejoint le pôle d'espoir chartrain. Vite, il s'engage avec Saran. Là, l'Amillois reçoit sa première convocation en équipe de France cadets. Un premier exploit. À l'âge de 17 ans...

Joueur professionnel depuis 2017…

Après son court passage à Saran, William rejoint le C' Chartres Métropole Handball (CMHB28). l'Amollis débute en équipe réserve avant de faire des apparitions en équipe professionnelle, en D2. En 2017, William signe son premier contrat professionnel. Une juste récompense. Le jeune ailier devient rapidement un des piliers de l'équipe chartraine. Deux ans plus tard, William Benezit décroche le titre et la montée en D1, appelée Starligue. En prime : trois buts inscrits lors du bouclier de champion de ProD2, le 19 mai dernier, à Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor), face à Créteil (33-32). Quelle démonstration !

Objectif : les JO de Paris en 2024…

William Benezit, 54 buts en proligue, cette saison, est un joueur ambitieux. Et pour preuve : "Je viserai les JO de 2024. Je vais essayer de gratter une place. Ça fait partie de mes objectifs ", annonce-t-il. Chartres vient de renouveler son jeune joueur pour une durée de 3 ans. " Je ne suis pas à mon niveau. Il faut que je sois au top avant 2024 ", souligne l'ancien gaucher des J3.

« MA VIE N’ÉTAIT PAS FACILE »

William Benezit ne le cache pas. "J'ai vécu des moments difficiles pendant mon enfance. Le sport m'a sauvé. Thierry (Blondeau) m'a beaucoup aidé. C'est mon deuxième papa. Je ne veux pas effacer mon histoire. Je me bats tous les jours. Je partage mon expérience. À la fin de ma carrière sportive, je souhaiterais devenir cuisinier, ma passion. J'aimerais bien aussi être famille d'accueil. Je veux rendre ce qu'on m'a donné. C'est obligé...", souffle-t-il. Ému. Mais… lucide ! "Quand je retourne au Village d'enfance, je parle avec les anciens. J'essaie de les aider moralement. Ce sont mes frères et sœurs. Je n'oublierai jamais d'où je viens...". Le regard de William porté vers le ciel. Affectueusement !

Thierry Blondeau : « C’est une personnalité hors du commun »

William Benezit a vécu sept ans au Village d'enfance d'Amilly. Thierry Blondeau, son tuteur, à l'époque, s'en souvient. "William a une personnalité hors du commun. Il a fallu qu'il soit motivé pour s'en sortir. Il a réussi grâce à son mental, soutenu par ses qualités physiques. Le handball correspond à sa mentalité", explique Thierry Blondeau. William est arrivé à l'âge de 10 ans au Village d'enfance, à Amilly. "Il était humble, calme, curieux pertinent. Il avait envie de se réaliser. Il avait aussi des valeurs...", ajoute Thierry Blondeau.