Maxime Courillon : " La grosse tête, ce n'est pas mon truc ! "

05/06/2019

 

Maxime Courillon est rentré de Bucarest, la capitale de la Roumanie, où il fut, vendredi dernier, sacré champion d'Europe individuel de ju-jitsu (-85 kg), sous les couleurs de l'équipe de France. Le licencié des J3 Amilly a donc retrouvé son entourage. Le sourire au visage. Et en prime : la médaille d'or autour du cou. 

 

Le rendez-vous est pris. 18h45, au dojo d'Amilly. Pas une minute de retard. Pile poil à l'heure. 

Barbe minutieusement taillée. Un geste de la main. Maxime Courillon est là. Ou plutôt, le champion est bien là. Le nouveau " roi " de l'Europe. Toujours avec le même visage. La même gentillesse. " Je ne vois pas pourquoi je changerais. La grosse tête, ce n'est pas mon truc...", dit-il. L'homme de 25 ans a dominé l'Europe, dans sa catégorie des moins de 85 kg. l'Amillois a versé une petite larme. Une médaille d'or, ça se fête. " Je commence seulement à me rendre compte de mon sacre. Sur le coup, on ne réfléchit à rien. Le vide ", explique-t-il. Maxime Courillon a accepté de revenir longuement sur son séjour de deux jours en terres roumaines. Un séjour qui restera indubitablement gravé dans la mémoire du sport français et gâtinais. Maxime Courillon, d'Amilly à Bucarest. Voyage sur la route de...l'or. 

 

Maxime, comment vivez-vous le jour d'après ? 

(Sourire). C'est le retour à la réalité. J'ai repris le boulot lundi (ndlr ; il est menuisier). Le plus normalement du monde. Mon patron m'a félicité. Sinon, oui, je ressens un sentiment du devoir accompli. Mais rien n'a changé. La grosse tête, ce n'est pas mon truc...

 

Vous étiez arrivé à Bucarest (Roumanie), jeudi soir. Dans quel état vous trouviez-vous ? 

J'étais bien. La délégation française est arrivée à l'hôtel vers 18h45 (heure locale). Il y a eu la pesée. Puis, je suis allé à la cantine. J'ai ensuite rejoint ma chambre. J'avais hâte de découvrir le tirage. Il a eu lieu vers 21 heures. 

 

Des appréhensions au moment de connaître vos adversaires ?

Pas du tout. Je ne me mets jamais de pression. Par contre, je ne dors pas suffisamment à la veille des compétitions. C'est l'excitation. Le lendemain (vendredi), je me suis levé à 6h30. Au programme : le kiné et le petit-déjeuner. J'ai ensuite pris la route vers la salle où avait lieu la compétition. 

 

Le tirage vous a épargné du premier tour. Donc, qualification en quart de finale. Là, il fallait y aller. N'est-ce pas ?

Tout à fait. La compétition a démarré, pour moi, en quart de finale. Je rencontre un Polonais (champion du monde en 2011). Je le connais. Je l'ai battu à plusieurs reprises. Mais, c'est toujours difficile d'entamer une compétition sur le plan physique. Il faut également un maximum de concentration. J'ai bien géré (10-4).

 

Le tour suivant fut moins plaisant. Comment avez-vous géré les choses ?

C'était en demi-finale. Je devais éliminer le Suisse (Baez). Je l'avais battu récemment à l'Open de Paris. Vendredi, le combat était serré. Il y a eu égalité au score. Ils nous font un temps supplémentaire pour nous départager (3 minutes). Je me fais dominer. À 12 secondes de la fin, il avait quatre points d'avance sur moi. Mais j'applique un système que j'ai travaillé avec mon entraîneur (Nicolas Perea). Mon adversaire se blesse et je reprends le dessus pour le déborder. Je finis avec trois points d'avance.

 

Cap sur la finale, là, la médaille d'argent était, au minimum, acquise... Comment vous sentiez-vous sur le plan mental ?

Je me suis dit : pourquoi pas une médaille d'or ? J'étais à l'aise. Je me suis bien reposé dans l'après-midi (de 11h30 à 17 heures). Je devais combattre le colosse russe Belov. Il m'a toujours battu. Il était archi favoris. Mais j'étais serein et surtout super content de disputer cette finale. 

 

Le début de ce combat était compliqué pour vous...

Oui, il démarre fort (5-2). Mais je reviens à égalité à 15 secondes de la fin du combat. On se retrouve au corps-à-corps. On tente un waza-ari. Les juges lui donnent la victoire. Mais Nicolas (ndlr ; Perea, son coach) pose une réclamation. La vérification a duré 4 minutes. Les juges changent finalement de position. Ils me déclarent vainqueur...

 

Là, ça devient incroyable. N'est-ce pas ?

Honnêtement, on ne réfléchit à rien, sur le coup. On se pose des questions. Je vois mes parents en tribune. Ils étaient fiers de moi. J'ai été applaudi. Félicité. La Marseillaise m'a donné des frissons. Je l'ai fait. J'étais outsider, aujourd'hui, je suis devenu le leader européen (-85 kg).

 

À qui pensiez-vous particulièrement ?

À tout le club des J3 Amilly. On a bossé dur. Il y a eu de l'investissement. Je pense également à ma famille qui m'a toujours soutenu. À ceux qui ont cru en moi. 

 

Quel sera votre prochain objectif ?

Les mondiaux d'Abou-Dabi (Émirats Arabes Unis), en novembre prochain. Je veux confirmer mon statut.

 

Nicolas Perea : "il fallait qu'il comprenne qu'il était fort. C'est vrai, Maxime a percé tard dans le ju-jitsu. Mais vendredi son mental a fait la différence, cette médaille d'or est incroyable et il m'a fait pleuré."

 

 

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