• Lyes Baloul

Le football féminin dans le Montargois, où en est-on ?


De l'USM Montargis aux J3 Amilly en passant par Cepoy, Corbeilles, Pannes et bientôt Villemandeur, le football féminin fait parler de lui dans l'agglomération montargoise. Qui sont-ils ces acteurs locaux qui œuvrent pour la promotion de la pratique footballistique féminine ? Dans quelles conditions travaillent-ils ? Le Montargois, terre de footballeuses. Dossier.

En ce dimanche 5 mai, l'histoire s'écrit du côté du terrain du complexe sportif de Boynes. Les filles de l'USM Montargis viennent d'écraser l'Entente UBBN Panthère sur le score de 9-1. Cette victoire est synonyme de titre de championnes départementales de football à 8. " C'est l'aboutissement du travail accompli durant toute la saison...", éclaire Alain Delas, le coach des féminines seniors à l'USMM. Cette équipe existe depuis trois ans. " Ça s'est fait par hasard, juste à l'arrêt des féminines de Ladon/Bellegarde. Ça s'est mis rapidement ", explique-t-il. Au sortir de la première année, l'USMM boucle le championnat à 8 de D1 départementale à la 2e place. Et quart-de-finaliste de la Coupe du Loiret. Tout change lors de la 2e année. L'USM Montargis opte pour le football à 11. " Je disposais d'un effectif de 29 joueuses ". Les Montargoises terminent le championnat d'inter-district au 9e rang. " On s'aperçoit qu'il est difficile de rivaliser avec les clubs orléanais ", souligne Alain Delas.

Lors de la 3e expérience (la saison en cours), l'USMM retrouve le football à 8. Et ça cartonne ! Après le titre départemental, les féminines de l'USMM vont disputer la demi-finale de la Coupe du Loiret, le 19 mai prochain, sur le terrain de la SMOC Saint-Jean-de-Braye, formation de division d'honneur (DH). L'année dernière, cette même équipe de la SMOC avait largement dominé les Montargoises lors de la finale de Coupe du Loiret (5-1). Une question de revanche ? Pourquoi pas, même si la marche est légèrement plus haute. La politique de l'USMM est claire : " La compétition vient au second plan ", assure Alain Delas. Et d'ajouter : " Une fille qui paie sa licence joue, peu importe son niveau. C'est en tout cas ma règle morale à moi ". Seize, c'est le nombre de joueuses seniors à l'USM Montargis. " Comme dans tous les clubs, on renferme quelques bonnes individualités ", estime-t-il. Au sein des clubs, une fille peut jouer avec les garçons jusqu'à l'âge de 15 ans. C'est autorisé. Le football féminin à l'USMM, ce n'est pas que les seniors. Il existe, en effet, aujourd'hui, une équipe U13 coachée par Abder Ba (le coach des seniors masculins), des U15 et U19 dirigées par Franckie Euranie. Ces deux équipes évoluent respectivement en championnat départemental et régional (R2). À l'USM Montargis, elles sont soixantaine-huit joueuses à pratiquer du football. " Le club dispose de la structure mais il nous faudra davantage d'éducateurs ", conclut Alain Delas.

Aux J3 Amilly, le football féminin s'enracine...

Du côté du stade Georges-Clériceau, une femme dirige...des femmes. Plus clairement, qui dit football féminin dans le Montargois dit inévitablement... Mylène Dechambre. Elle a d'abord fait les beaux jours de l'USM Montargis. Ensuite, direction les J3 Amilly. Et elle n'est pas seule chez les Dechambre, puisque Sylvette, sa maman, occupe actuellement le poste de gardienne de but aux J3. Son âge : 70 ans. Non, vous ne rêvez pas ! Précision : Sylvette Dechambre est la doyenne du football français en activité. Aux J3, les féminines seniors jouent au même niveau que celles de l'USMM (D1 du Loiret). Les Amilloises finiront la saison 2018-2019 à la 5e place. " Le classement actuel est logique. J'ai gardé une dizaine de joueuses de l'année dernière. On rencontre les mêmes difficultés que les autres clubs : on perd des joueuses pour des raisons professionnelles ou pour des études ", soulève Mylène Dechambre, la coach amilloise. Cette dernière propose, par ailleurs, une idée qui pourrait voir le jour : le football féminin à 11 au niveau départemental. " Ce serait intéressant pour nous. Je pense que l'on a les capacités d'engager une équipe. Je trouve qu'il y a un fossé entre le football féminin départemental et régional. Instaurer un championnat du Loiret à 11 ne serait, à mon avis, que bénéfique...", insiste Mylène.

Des stages de gardiennes de but, voilà l'autre proposition de la technicienne des J3. Une demande a d'ailleurs été formulée au niveau du district. Soixante-dix, c'est le nombre de joueuses aux J3 Amilly. " C'était inespéré en début de saison ", se satisfait-elle. Amilly compte donc une équipe seniors en D1 et quatre équipes jeunes (U8, U11, U15, U19). Mylène Dechambre dispose d'un brevet d'État de 1er degré de promotion masculine. " On a encore du travail à faire dans football féminin, notamment dans les écoles. En règle générale, le football (masculin ou féminin) véhicule une image négative dans les écoles. Il faudra travailler là-dessus...". Un détail : plusieurs garçons seniors montargois ont déjà été formés par Mylène Dechambre. Serait-elle, un jour, sur le banc d'une équipe masculine seniors ? Ce serait une première dans l'histoire du football local.

Cepoy veut exister...

Le club cepoyen compte une équipe seniors évoluant au niveau 2 départemental. Quatorze filles composent l'effectif dirigé par Nicolas Telcide. Cette équipe est née l'année dernière. " Le football féminin se développe...", déclare René Grandjean, le président cepoyen.

Pannes, Corbeilles et le FC Mandorais, la jeunesse...

Si les deux grosses cylindrées locales, l'USMM et les J3, ou encore Cepoy misent sur leur vitrine seniors, ce n'est pas le cas du côté des autres clubs de l'agglomération. À Pannes, ce sont deux parents éducateurs qui ont eu l'agréable idée de mettre en place une équipe jeunes en U11. " Ça se passe bien. L'ambiance est bonne ", estime Ismaël Pagnault, le président du FC Pannes. L'idée d'avoir une équipe seniors n'est sûrement pas à l'ordre du jour. " Il y a assez de clubs seniors dans l'agglomération ", justifie-t-il. Et de se satisfaire : " On était le premier club à avoir une catégorie U11, il y a deux ans ".

À l'AS Corbeilles, c'est Martial Pommier qui chapeaute l'unique équipe féminine en U19 qui évolue en départemental. " J'ai 14 joueuses. À part trois filles, les autres n'avaient jamais joué au football auparavant ", précise-t-il. Martial Pommier est secondé par Corentin Facy, à l'AS Corbeilles.

Le FC Mandorais, de son côté, se mettra bientôt à l'heure du football féminin. En effet, ce projet s'inscrit dans le cadre des animations autour de la Coupe du monde qui se déroulera cet été en France. Ça concernera la catégorie U11 dont l'âge pourra varier de 8 à 13 ans. " Taner Kara et Philippe Naud (éducateurs) ont bien travaillé là-dessus pour l'aboutissement de ce projet. II concluera l'investissement de toute l'équipe dirigeante ", soutient Cyrille Grimaud, le président du FC Mandorais. Une journée portes ouvertes dédiée au football féminin et la détection chez les U11 est prévue le 22 mai, sur le terrain du stade de Villemandeur (17h30 - 19 heures).

Et pourquoi pas un pôle féminin dans l'agglomération montargoise ?

La question revient avec insistance. Si l'alliance masculine tarde à voir le jour dans l'agglomération, pourquoi alors ne pas se tourner vers les féminines ? Une équipe seniors pourrait concrètement faire l'affaire. Le but : mutualiser les moyens pour côtoyer un niveau plus élevé. En tout cas, même si le sujet reste sensible au sein des clubs, l'idée, elle-même, ne fait pas fuir les regards. Alors, pourquoi pas !